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 Le Palais

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Dilandau
Dieu


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MessageSujet: Le Palais   Sam 26 Jan - 14:34

"Voici le dernier étage réellement connu des habitants. On y accède en descendant l'escalier D de l'étage de la Cathédrale. Le point le plus remarquable de cet étage, hormis le fait qu'il ne soit constitué que d'une section Omega, est qu'il n'a pas, ou plus, de sol mais laisse entrevoir à la place un imense gouffre noir duquel ne remonte aucun bruit. C'est aussi là que s'arrête l'Echelle de Jacob, mais apparemment pas par construction mais, à en voir l'état de la partie du cylindre qui s'enfonce dans ce vide, par destruction. Le Palais, comme il est appelé, qui compose tout cet étage semble alors être une construction totalement improbable. Comme s'il s'agissait d'une maison sur pilotis, ce dernier repose sur d'imenses piliers de pierre qui s'enfoncent dans l'infinité ténèbreuse. Néanmoins, il n'est pas posé comme un bloc massif dessus, il est en fait composé de nombreux bâtiments répartis un peu partout dans l'étage, tenant sur leurs piliers et reliés par de nombreuses passerelles en pières, elles aussi sur ces gigantesques colonnes, comme autant de ponts. Les murs du Palais sont grisés mais laissent facilement paraître des preuves d'une ancienne blancheur resplendissante, tandis que les toits sont tous composés de tuiles bleues. L'organisation des bâtiment dans l'espace semble totalement anarchique et il est très facile de se perdre dans le dédale de passerelles aussi bien que dans les nombreuses pièces des bâtiments. Leur intérieur, bien que montrant clairement qu'il est laissé à l'abandon, garde de nombreuses traces de son prestiges d'antan : de nombreux tableaux magnifiques, des meubles d'un bois d'une rare qualité, partout des dorures, de grands tapis et des tapisseries merveilleuses. Ce Palais est aujourd'hui presque quasiment abandonné sauf par certains habitants exclus, volontairement ou non mais aussi au groupe des Chercheurs de la Vérité qui ont établi leur quartier général dans la salle du trône et les salles environnantes. Néanmoins, cet étage est dit recélé plein de secrets et de trésors, ce qui en fait un endroit régulièrement parcouru par de nombreux chasseurs de trésors et autres créatures cupides, rendant l'endroit parfois dangereux, surtout la nuit."

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Dernière édition par Dilandau le Dim 30 Mar - 12:50, édité 1 fois
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Dilandau
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MessageSujet: Re: Le Palais   Dim 3 Fév - 21:10

Il est de ces jours où on aimerait rester couché, ne pas être obligé de se lever avec ce sentiment désagréable qu’on va passer une journée pourrie dont le seul impératif va être de résister à la tentation de se recoucher avant la fin. Ce genre de journées où on sait dès le départ que toutes les déités possibles et inimaginables auxquelles ont pu croire les êtres vivants jusque là vont s’acharner sur soi pour des raisons connues d’elles seules, et même sans raison d’ailleurs. Des journées où on aura l’impression que toutes les autres personnes venaient de découvrir tout le malheur qui les accablait tant elles se montreront désagréables et impitoyable avec nous. C’est généralement au début de ces journées-là que le soleil décide de nous réveiller de ses rayons agressifs, alors même qu’on était en train de déguster le plaisir d’un voyage onirique dans le meilleur des mondes : celui de nos songes.
C’est pourquoi Lain, quand l’astre flamboyant délivra en plein dans ses paupières closes sa désagréable lumière, en même temps qu’elle tentait vainement de parer le rayonnement brûlant de sa main, lui adressa toute sa reconnaissance pour toutes ces journées qu’il lui obligea de subir dès l’aurore :


« Ptain… mais barre-toi saloperie ! »

Après quoi, dans un accès de rage, fortement diminué par la fatigue encore présente, elle lança sans grande conviction un oreiller rongé par les mites sur la seule fenêtre de la pièce. Les yeux ouverts mais l’esprit encore absent, elle se demandait s’il était vraiment nécessaire qu’elle se levât. Après tout, personne n’avait vraiment besoin d’elle et elle n’avait rien de prévu… après quoi un puissant grognement remontant de son ventre lui donna une raison suffisante pour rassembler son énergie face à sa flemme.

Elle se leva alors mollement et, trop fatiguée pour voler, déambula sur les briques froides de la chambre. Par un caprice de confort, Lain avait décidé qu’elle passerait désormais ses nuits dans une des nombreuses et luxueuses, ou en tout cas elles ont du l’être un jour, chambres du Palais. Celle-ci était munie d’un très grand lit à baldaquin au bois finement sculpté qui devait avoir une certaine prestance lorsqu’il était encore couvert de ses draps et couvertures brodées. Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques morceaux de tissus déchirés que les mites avaient décidé de transformer en dentelle, couvrant de façon bien pathétique le noble meuble. Le reste de la chambre était à l’image de ce lit : vieilles tapisseries délavées et déchirées, meubles poussiéreux et bancales n’abritant aujourd’hui plus que des familles d’insectes squatters et toiles d’araignées en abondance dans chaque coin sombre. Néanmoins, le coin offrait un certain confort tout relatif et surtout on pouvait y loger autant qu’on le désirait sans rien devoir à personne, en tout cas tant qu’on n’était pas chassé par quelqu’un de plus gros et plus fort.

S’habillant, elle se regarda un moment dans la glace et prit différentes postures qu’elle estimait sensuelles avant de lancer un baiser à son reflet. Se considérant prête, elle jeta un dernier regard dans la chambre, se rappelant un impératif capital. Ayant localisé sa cible, elle attrapa un bout de pain qui siégeait triomphalement par-dessus une couche de poussière d’un vieux secrétaire et le dégusta tandis qu’elle quittait à pas lent son dortoir. Elle se retrouva alors directement à « l’extérieur » comme le lui rappela l’air frais qui remontait des profondeurs dans un terrifiant mugissement. Elle jeta un coup d’œil en dessous, dans ce gouffre sans fond, se demandant un moment si elle irait un jour voir ce qui s’y trouvait. Elle avait essayé, une fois, et, tout autant apeurée par les profondeurs insondables qui l’attendaient que par l’envergure de la tâche, elle n’était sans doute pas descendue plus bas qu’une dizaine de mètres. Alors à la place, elle regardait faire les chercheurs, aussi bien ceux attirés par l’or que par la Vérité, la démarche et le résultat étant de toute façon les mêmes. Elle espérait qu’un jour l’un d’eux lui rapporte des informations sur une quelconque magie ou technologie dont elle pourrait utiliser la mystérieuse puissance. Peut-être que là-dessous étaient enfouis les secrets les plus importants de Moëmif, ceux qui la mèneraient directement au Pouvoir. Mais pour le moment, elle n’en était pas là et, tandis qu’elle finissait lentement son maigre repas, des cris et de gros bruits sourds, une agitation très rare à cet étage zt à une telle heure, attirèrent son attention.

Elle vola alors par-dessus les vieux toits bleus vers cette source de pollution sonore, trop curieuse pour se préserver d’aller jeter un coup d’oeil. Pourtant, elle avait décidé qu'aujourd’hui, qui s’annonçait finalement vraiment être une journée chiante, de ne rien faire afin d’éviter tous les problèmes. On repassera une autre fois pour les distractions. Alors pourquoi fallait-il qu’un groupe d’imbéciles, sans doute éméchés, trouvent hilarant de choisir ce jour pour aller faire leur vacarme? Elle se posa alors sur un toit environnant, observa et écouta, les oreilles dressées. Un coup du désintégrateur soi-disant… encore un pauvre type prétendument innocent qui se retrouvait transformé en boule de billard sans passer par la case Jardin, quelle fin idiote. Sans doute avait-il encore plein de projets pour son futur et voila que maintenant il avait rejoint l’Inconnu. Fallait vraiment pas être dégourdi pour terminer comme ça. Lain ne craignait pas spécialement le mystérieux « criminel », se pensant totalement à l’abri. Et puis de toute façon qui lui en voudrait ? En tout cas au point de la faire disparaître. Inconcevable ! Par contre elle, en voulait à ce type qui avait trouvé malin de se faire désintégrer ici, vu que parti comme c’était, il y allait avoir un bel afflux de pécores pour plusieurs cycles qui viendraient contempler la scène du crime. La Thisbane s’allongea alors sur le toit, à demi somnolente et trouva comme seule distraction de lancer des cailloux sur le chemin qui passait en dessous.
Poc. Elle pourrait peut-être profiter de l’animation pour s’amuser un peu remarquez. Poc. Et puis il y aurait peut-être quelques bourses à délester de leur contenu superficiel. Poc. Après tout elle en avait plus besoin qu’eux. Poc.« Aouch ! » Ils savent de toute façon pas…

« Aouch ? »

Pas normal ça. Ses oreilles se dressèrent et, tandis qu’elle réexpédia une salve de cailloux pour confirmer les faits, elle passa sa tête à l’extérieur du toit pour voir la source de cette curiosité sonore. C'était une sale tête. Mais une sale tête connue, ce qui d'ailleurs ne diminue pas sa laideur, et peut-être même au contraire. C'était un Benzert qui accusait le coût des âges, le coût d'une longue vie sans doute bien utilisée et à laquelle il s'accrochait jusqu'au bout, comme un bigorneau à sa coquille. C'était un type fier, cupide et orgueilleux mais Lain avait une affaire de grande importance en cours avec lui, en tout cas jusqu'à ce qu'elle lui jette des cailloux. Il ne sembla pas néanmoins lui en tenir rigueur et la dévisagea plutôt d'un air blasé tandis qu'elle s'asseyait tranquillement sur le bord du toit, lui retournant son regard. Ce Benzert était aussi du genre à aimer la franchise et la rapidité, aussi il l'aborda sèchement :

"T'as mon fric ?
_T'as l'objet ?"
, Lain au tac-au-tac
"Pas encore mais...
_Alors non."


Et alors, tandis qu'elle s'éloigna en volant de son interlocuteur, celui-ci ajouta :

"Mais on y est presque j'en suis sûr... et quand on l'aura enfin trouvé, t'auras intérêt à avoir l'argent nécessaire."

Il avait raison, elle le savait, c'était le marché. Il allait lui falloir beaucoup de molidon sinon elle pouvait dire adieu à tous ses beaux rêves de gloire et de puissance. Où pouvait-on trouver de l'argent ? Sur les pigeons. Où pouvait-on trouver des pigeons ? Là où ya du monde. Où pouvait-on trouver du monde ? L'étage Primo !

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MessageSujet: Re: Le Palais   Ven 28 Mar - 20:52

"Alors, t'en penses quoi ?"
Le vieux Benzert qui avait parlé détourna le regard de son reflet pour jeter un coup d'œil dans son dos. Son sourire s'éclipsa quand il aperçut par terre un petit tas de vêtements.
"Merde ! Où est-ce qu'il est encore passé ?!"
Il s'élança dans le dédale de miroir qui caractérisait cette partie du château.

Heureusement pour lui, il connaissait mieux le chemin que sa proie et rattrapa, au moment même où il franchissait la sortie, un petit marsupial affolé. Le Benzert lui sauta dessus mais, perdant sa concentration, l'animal reprit sa forme originale. Pendant un instant, on eut cru que le Benzert se battait avec son propre reflet, comme échappé d'un des miroirs.
Mais celui-ci, que sa métamorphose avait déséquilibré, bascula dans le gouffre en poussant un cri d'effroi.

L'humeur maussade, Bidh'Ul rentra à nouveau dans "sa salle" - depuis qu'il l'avait découverte, il en avait fait son refuge intime, séduit par ses multiples glaces, dont l'image était toujours rendue avec une perfection plus vraie que nature. Le visage crispé, il suivait d'instinct les couloirs réfléchissants, maudissant son manque de prévoyance. Ce n'était pas la première fois qu'il oubliait que ceux de sa race, contrairement à lui, étaient capables de se changer en animaux, et de se jouer ainsi de liens ou des murs qui les retenaient !

Il enfilait les vêtements abandonnés, directement par-dessus les siens. Son déguisement était remarquable : cela faisait plus d'une semaine qu'il le perfectionnait. Depuis qu'il avait surpris une conversation confidentielle entre sa victime (probablement une sorte de chercheur de trésors) et une Fée noire, il ne pensait qu'à la belle récompense qu'elle avait promise à l'autre, en échange d'une certaine "marchandise".

A ce moment de ses réflexions, une angoisse soudaine lui serra l'estomac. Il n'osait pas regarder derrière lui, mais les miroirs, qui couvraient la totalité des murs de la pièce, lui renvoyèrent l'image qu'il redoutait tant de voir : un coin de table vide. Celui où il avait posé, quelques minutes auparavant, le petit paquet censé contenir la marchandise en question. Dans la précipitation, il n'avait pas remarqué que l'autre l'avait emportée. A présent, elle était probablement avec lui au fond du gouffre, si tant est que celui-ci ait un fond; et comme il n'avait pas pris le temps de regarder en quoi elle consistait, il ne pourrait jamais conclure le marché !


"Vas quand même voir la Fée, on improvisera..."
Sa Voix craignait qu'il perde espoir : la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés dans ce genre de situation, à voir tous leurs efforts réduits en poussière par un petit imprévu, il avait cessé pendant un mois de faire appel à Elle. Bien que peu convaincu, il se mit en route, traînant les pieds d'un air découragé. Il se rendit vers l'endroit où il avait surpris la discussion, la première fois : il ne savait pas où vivait la Thisbane, c'était probablement le meilleur endroit pour chercher. Un bruit grossit au fur et à mesure qu'il arrivait : une petite assemblée se tenait massée sur une passerelle assez large, gigotant et parlant très fort.

Toujours perdu dans ses pensées déprimantes, Bidh ne prêta aucune attention à ce qui se disait; il ne revint à lui que lorsqu'il reçu un caillou sur le sommet du museau, bientôt suivit par quelques copains à lui. Levant la tête, il découvrit celle qu'il cherchait : il se demanda s'il était content ou non de l'avoir trouvée...

"T'as mon fric ?", demanda-t-il, peu convaincu
"T'as l'objet ?
- Pas encore mais...
- Alors non."
*Ben tiens, j'm'y attendais pas...*


Le Benzert s'apprêtait retourner dans "sa salle", afin de se replonger dans ses méditations métaphysique sur le sens de sa vie, lorsque :
"Mais on y est presque j'en suis sûr... et quand on l'aura enfin trouvé, t'auras intérêt à avoir l'argent nécessaire."
Sa Voix venait d'avoir une idée plutôt séduisante. Apparemment, la Fée noire n'était pas très pressée, ça lui laissait donc le temps soit de découvrir ce qu'elle désirait si avidement, soit de trouver où elle détenait la fortune de molidon promise. Il retira les vêtements du vieux, les jeta dans le vide à côté de lui et reprit son apparence habituelle; puis tenta du mieux qu'il pouvait de suivre la Thisbane, qui pouvait, elle, voleter tranquillement sans avoir à se soucier du dédale de passerelles.

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MessageSujet: Re: Le Palais   Ven 11 Avr - 14:04

Une sur-activité inhabituelle sur les étroites passerelles du Palais et tout ça sans doute encore à cause du désintégrateur, dont les quelques folies s'étaient transformées en phénomène de société. C'était alors tout un défilé de mercenaires, chasseurs de prime ou de types simplement curieux ou inconscients, ou les deux. Tous venaient coincer un tueur supposé qui avait sans doute déjà mis les voiles depuis un moment pour une récompense non confirmée, quelle connerie ! On aurait d'ailleurs tous pu les prendre pour des criminels tant ils affichaient une tête de tueur mélangé à celui d'une bête traquée sur les nerfs comme si le premier ami qui viendrait leur poser une main sur l'épaule se verrait élecrocuté jusqu'à la mort sur le champ. D'ailleurs ce n'était pas très loin de la vérité puisque plusieurs duels se déroulaient ça et là, généralement entre deux Anwileins à cause d'un regard trop insistant ou d'une parole légère lancée sans pesée, mais, en ce jour de fête, ces joutes d'orgueil s'étendaient à toutes les races représentées. Aussi y avaient ils un peu partout effusions de sang, cris et même paris, si bien que l'on pouvait croire qu'ils avaient tous oublié la raison de leur venue dans cet étage.

Mais tout ceci n'étonnait guère Lain qui voletait avec dédain par dessus la foule grouillante croisant parfois un de ses semblables, à qui elle n'accordait d'ailleurs pas beaucoup plus d'estime, ne se reconnaissant plus depuis longtemps appartenir à cette race sur laquelle elle n'avait jamais pu compter. Non ce qui ne cessait de la surprendre c'était que personne ne tombât des passerelles.


« Mais bordel ! C'est complètement incohérent ! »

C'était totalement irrationnel ! Tout ce flot de personnes, tout cette concentration de types pressés pas bien soucieux du bonheur des autres qui se bousculaient, se poussaient, se frappaient sans ménagement et pourtant tous arrivaient à rester sur le chemin, n'offrant pas encore leur corps au monstreux gouffre affamé dont le silence angoissant qui en remontait faisait était le râle d'une bête imense. Quelquefois la Fée s'arrêtait devant le spectacle d'un malheureux au bord du vide, chancelant, essayant tant bien que mal de récupérer son équilibre par de larges moulinets avec ses bras. Elle attendait avec impatience le moment où il irait finalement terminer sa danse maladroite dans les ténèbres dans un cri d'effroi vite étouffé. Ce n'était ni du sadisme, ni de la méchanceté, juste beaucoup d'ennui et une pointe de voyeurisme. Pourtant il était clair que personne ne pensait à son bonheur puisque d'une pirouette du destin, le malhabile finissait toujours par recouvrer, la peur encore au ventre, l'agréable sensation de stabilité de ses pieds sur la passerelles, parfois de lui-même, d'autre fois grâce à une aide providentielle, une main salvatrice. Non mais de quoi je me mêle ? Ils avaient tous décidé de lui pourir sa journée jusqu'au bout ? Elle l'avait de toute façon senti qu'il faisait pas bon mettre le pied hors du lit aujourd'hui.

Néanmoins il aurait été bête de ne pas profiter d'un tel afflux pour se remplir un peu les poches. Après tout, avec les têtes d'énervés qu'ils se payaient, ils devaient plus surveiller la distance de leur main à leur arme que celle de la main d'un pick-pocket à leur bourse. Elle descendit alors doucement au niveau du sol et se fondit avec habileté dans le flot des bourses sonnantes. Sa technique était toujours la même dans ce genre de foule, on change pas une équipe qui gagne. Elle bousculait un pecor, se servait de sa petite taille afin de se dissimuler et qu'un autre se fasse accuser à sa place ce qui, dans 90% des cas (les 10% restant étaient dus aux vieux, handicapés ou pire, pacifistes), déclenchaient une bagarre, qui lui donnait alors toute la diversion nécessaire pour qu'elle accomplisse son forfait. Et puis peut-être que l'un d'eux finirait par chuter dans le vide.

En tout cas s'attela-t-elle avec un sérieux amusement à cette tâche. Elle n'étais pas pauvre, loin de là, elle s'était d'ailleurs fait un certain stock qu'elle avait intelligent jamais réparti dans diverses cachettes à travers la Tour, mais elle était plutôt cupide. Posséder de l'argent la faisait se sentir au-dessus des autres, la faisait exister économiquement et donc socialement et, même si elle n'évait pas un train de vie très coûteux, elle en voulait toujours plus. Et puis surtout, pour mener à bien ses projets et notamment sa dernière transaction en cours, elle allait en avoir besoin de vraiment beaucoup. Alors il n'étais pas l'heure de tomber dans ce genre de sentimentalisme niaiseux qui vous dégoulinait toujours sur les yeux au moment où ils étaient le plus utile. Elle pilla alors quelques bourses avant de décider qu'il était temps de changer de coin et se dirigea vers les escaliers afin de remonter vers Primo, prenant lentement de la hauteur quand elle sentit une prise étouffante sur sa nuque qui la tira en arrière. Puis la pression changea de coin et c'est cette fois sur sa gorge qu'elle sentit la main se refermer, lui permettant de faire face à son bourreau. Il avait une sale tronche, le genre de type qu'on sentait devenu chasseur de prime parce que personne n'en aurait voulu pour faire un autre boulot. Il exhibait un oeil crevé blanchâtre et ne possédait guère plus de 2 dents viables jaunes. En outre il puait la sueur, l'alcool, la sueur, les détritus, la sueur et tout un tas d'autres trucs bien dégoûtants. Son autre main qu'il tenait ouverte bien en évidence laissait supposer en plus qu'il voulait sans doute récupérer ses sous. C'était assez rare d'ailleurs ne pas frapper avant de récupérer son dû par ici. Néanmoins, Lain tenait aux fruits de son travail et puis après tout, voler c'est voler, reprendre c'est revoler non ? Du coup, les oreilles baissées, elle envoya un regard de chien battu à son agresseur, ce qui ne sembla pas beaucoup affecter le borgne puant.

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MessageSujet: Re: Le Palais   Lun 12 Mai - 21:22

C'était déjà bien assez dur de suivre ce gnome volant, avec tous les détours et les impasses dont recelait le palais. Mais en plus de cela, la populace de Moëmif avait précisément choisi cet instant pour venir faire du tourisme dans le coin. Bidh'Ul luttait pour avancer à travers cette foule compacte, jouant des coudes et évitant de trop s'approcher du bord des passerelles. De temps à autre, il se hissait sur la pointe des pieds afin de repérer, au-dessus des dizaines de têtes qui l'entouraient, la petite créature bleue. Par chance, celle-ci faisait des arrêts régulier, comme si elle l'attendait. Malgré tout, elle gagnait de plus en plus d'avance. C'était dans ce genre de moment qu'il regrettait de ne pas pouvoir se transformer en piaf, en insecte, ou n'importe quel truc volant !
"T'arrête de dire des conneries pareilles ! Ce que tu sais faire vaut bien mieux que les pouvoirs de n'importe quel autre Benzert !"
Sa Voix détestait lorsqu'il remettait en cause son originalité. Pour Elle c'était comme s'il l'accusait, comme s'il eût préféré La rejeter, bien qu'en réalité il ne faisait aucune différence entre Elle et son propre esprit.

Tandis qu'il traversait le troupeau de curieux, il captait des bribes de conversation.

"…un cri atroce, comme s'il voyait les Vapeurs…"
"…on dit que c'est un Mutant qui fait ça. - Tu parles ils sont bien trop minables pour…"

Il tentait de ne pas se laisser distraire, mais ne pouvait pas s'enlever de la tête le mépris grandissant qu'il éprouvait envers tous ces pécores.
"…comme je te dis : d'un coup, sans laisser de trace…"
Que leur importait la disparition d'un inconnu ? Des centaines d'habitants de la Tour, parmi toutes les races, se faisaient éliminer chaque jour, sans faire autant d'émules.
"…boule et PAF ! ça a fait des chocapic…"
Et les motifs n'étaient pas toujours plus justifiés que dans ce cas là. Après tout, qu'est-ce qui leur disait qu'une telle mort n'était pas préférable à une éternité sans but dans le Jardin ?
"…il y aura sûrement une récompense gigantesque, tu verras…"
Un énorme Manodien en armure le bouscula violemment. Si seulement ce "désintégrateur", comme ils l'appelaient, pouvait débarrasser l'endroit de tous ces gêneurs !

Lorsqu'il releva la tête de nouveau, il ne parvint pas à retrouver sa cible. De nombreux autres Thisbanes circulaient dans tous les sens, ce qui ne facilitait pas la tâche, mais il était certain que sa vue perçante pourrait la distinguer, si elle se trouvait toujours parmi eux. Cette fois, il l'avait vraiment laissée s'échapper ! Il eut une soudaine envie d'envoyer tous les badauds alentour visiter le fond du gouffre, et il n'aurait sûrement pas hésité à le faire s'il ne craignait pas d'y être expédié à son tour. Soudain, la Fée émergea du flots des passants, vola sur quelques mètres et y replongea de plus belle. Si elle jouait à ça, il n'était pas sorti de l'auberge ! Il repartit en chasse : au moins, il était sûr qu'elle suivait le sens des passerelles.

Il était presque à sa hauteur lorsqu'il la vit se faire étrangler par un vieil Anwilein rachitique (pour un Anwilein, en tout cas). S'arrêtant à une courte distance devant lui, il essaya tant bien que mal de composer son visage. Imiter une autre race, sans miroir de surcroît… ça n'allait pas être fameux. Mais peu importe, l'important était de lui foutre une trouille suffisante. Lorsqu'il se sentit prêt, Bid se baissa, avança à travers les jambes et se releva juste derrière la Thisbane, face à son tortionnaire. Celui-ci afficha une expression de terreur sans nom, la bouche ouvert comme pour pousser un cri qui ne voulait pas sortir; il recula lentement, d'un pas maladroit, et chuta dans le vide, libérant la Fée de son étreinte. La Voix du Benzert semblait hurler de rire dans sa tête : peu importait que l'Anwilein ait vraiment cru voir son sosie, ou qu'il ait été effrayé par un mélange indescriptible entre son visage (déjà peu engageant) et celui de Bid; le résultat était plus remarquable qu'ils n'auraient jamais espéré.

Baissant les yeux, Bidh'Ul retrouva son apparence habituelle le plus vite possible, espérant que la Thisbane n'avait pas eut le temps d'apercevoir ce changement. Il savait qu'il aurait du s'éloigner rapidement, mais les gens autour de lui s'étaient arrêtés pour regarder tomber le vieux débris, si bien que toute circulation était devenue impossible.

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MessageSujet: Re: Le Palais   Sam 17 Mai - 20:00

C'est qu'il serrait fort le bougre ! Plus fort et encore plus fort à tel point que, fait rare, l'idée de rendre à son tortionnaire son argent lui traversa l'esprit. Elle irait voler quelqu'un d'autre après tout, ça vallait mieux que d'y perdre la vie. Et puis elle s'était toujours imaginée mourir d'une façon vraiment classe à l'apogée de sa vie, ou ne pas mourir du tout d'ailleurs ça serait encore mieux. Du coup c'était peut-être une bonne idée de profiter du moment où son violent compagnon, de par sa main tendu dont les doigts semblaient du plus en plus raides et crispés, était encore consentant à récupérer sa bourse sans que Lain n'ait à embrasser son poing. Remarquez, peut-être la frapperait-il après quand même, pour rigoler un brin. Aussi approcha-t-elle une main tremblante à une des bourses accrochées à sa ceinture. Elle avait pour habitude de vider toute les bourses ramassées dans une seule afin de ne pas éveiller les soupçons mais là, pour le coup, elle n'en avait pas vraiment eu le temps. Elle décrocha la petite bourse, la soupesa une dernière fois et... jeta un coup d'oeil à son agresseur dont le visage était figée dans un rictus terrifiant. Elle ne savait pas si elle y était pour quelquechose mais au bénéfice du doute elle lui lança son regard le plus menaçant possible et tenta d'arborer une mine effrayante. Le pauvre homme chancela, comme un mauvais danseur. 1 2 3 4 et c'est le vide qui l'avala brusquement et là c'est Lain qui lacha un hoquet de terre alors qu'il la tenait toujours fermement dans sa poigne. Heureusement, le maladroit voulu se servir de ses mains pour se rattrapper et libéra sa prise avant de finalement rejoindre les ténèbres silencieuses.

La Fée ne savait guère que ce qui avait poussé le pauvre homme dans un tel état de folie mais en tout cas elle se sentit particulièrement vexée qu'il fut terrifié alors qu'il semblait la regarder elle. Aussi lança-t-elle avec sa grâce et sa délicatesse habituelles au vide insondable, ponctué d'un crachat.


« Bah t'as pas vu ta tronche pauv' con ! »

Elle n'a sans doute jamais réalisé à quel point elle se trompait. Mais là n'était pas le problème pour le moment. En effet, lorsqu'elle se retourna vers la passerelle elle put apercevoir qu'un groupe de badauds tous plus moches que le type qui venait de finir dans le vide s'étaient réunis afin de contempler la scène, moins attirés par une grande soif de curiosité que par un sadisme malsain. Ce qui était plus inquiétant pour la Fée était que, bien que les types ici réunis n'avaient absoluement rien à faire qu'elle sembla avoir envoyé le mercenaire ad patres, leurs regards se portaient maintenant sur les quelques bourses qu'elle avait, accrochées à sa ceinture, tandis que eux commençaient à s'assurer que les leurs n'aient pas disparues. Lain pensa astucieusement qu'il ne fallait mieux pas leur laisser le temps de pousser plus loin leur réflexion et décida de reprendre assez vite sa route. Elle se heurta alors à un Benzert qui la regardait avec inquiétude, comme si lui aussi dissimulait quelquechose. Après l'avoir dévisagé quelques secondes et lui avoir lancé un regard noir elle jeta un coup d'oeil derrière elle pour voir qu'un certain nombre de brutes semblait maintenant se diriger vers elle, bien décidés à tirer la situation au clair. Elle eut alors une idée, plus pour s'amuser que pour se tirer d'une situation pas si difficile que ça, aidée qu'elle était par sa petite taille et sa capacité de vol. Elle arracha une de ses bourses, la moins remplie bien évidemment, qui ne devait contenir à tout casser que 3 ou 4 pièces de molidon et la fourra dans la main du Benzert en lui adressant quelques mots à l'oreille mais de façon volontairement fortes, de façon à ce que tous puissent entendre.

«Voici Maître ce que j'ai pu collecter sur ces types ! Mais s'il vous plait ne me demandez plus ça à l'avenir, j'aime pas voler ! »

Après quoi, regardant le Benzert le sourire aux lèvres elle s'envola au-dessus de la foule. Il n'avait qu'à pas la bousculer. Enfin... il n'avait qu'à pas se trouver sur le chemin et se laisser bousculer par Lain. Elle suivit alors le chemin, qui menait seulement à l'escalier D non loin, qui montait jusqu'à la Cathédrale de Cristal. Elle attendit alors un moment, regarda autour d'elle et rentra dans un bâtiment délabré juste à proximité de l'escalier. Elle avançait nerveusement dans le couloir puant le renfermé, jetant régulièrement des regards derrière elle, ce qui lui valut de percuta un joli vase poussiéreux qui alla se briser dans un bruyant fracas.

« Bordel ! »

Le stress rendait toujours difficile le contrôle des émotions. Elle espéra que personne n'entendit puis pénétra dans une petite pièce difficilement éclairée par la lumière, où l'on pouvait voir de la poussière s'envoler dans les airs à chaque mouvement, que filtrait une petite lucarne sale. La fée se dirigea vers un coin de la pièce où était superposé tout un tas d'objet en mauvais états sans guère de valeure et attrappa un petit coffret caché derrière qu'elle tira avec peine. Elle l'ouvrit et en regarda le contenu avec envie. De nombreuses pièces de molidon était cachées là-dedans et la Fée y plongea les mains, le sourire aux lèvres, la mine béate. Elle vida alors consciencieusement les bourses accumulées dans le coffre en sifflotant jusqu'à ce qu'elle entende un bruit sourd dans le couloir derrière elle. Elle poussa un hoquet de frayeur et se retournant brusquement, questionna les ténèbres qui lui faisaient face.

« Ya quelqu'un? »

Quand on y pense, c'était stupide comme question. Il ne fallait pas s'attendre à voir quelqu'un dire tout haut « OUI DESOLE JE VOUS ESPIONNAIS » mais bon, simple réflexe.

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MessageSujet: Re: Le Palais   Jeu 26 Juin - 15:31

[HRPG : Nous l'avons attendu, nous l'avons espéré, nous l'avons désiré (enfin, surtout vous) !
Eh bien, spécialement pour vous, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, il a fait ce soir le déplacement pour nous rejoindre ! Voiciiiiiiiii :
LE POST DE SUPER SAUMON !!!]


Tandis qu'il se redressait, l'air hagard, Bid eut la surprise de voir tous les pécores du coin, leur bourse en main, en train de recompter les pièces.
"Mais c'est qu'elle m'a piqué mon molidon, la sale [CENSURE EXPRESSE - Ouvert jour et nuit] !!!", hurla l'un d'eux.

D'un coup, la circulation se débloqua, la masse se mettant à la poursuite de la petite Thisbane au son des "Attrapez-la !" et autres insultes, criés dans divers patois de la Tour.
Bidh'Ul, en avant du cortège, pressa le pas encore davantage, de peur de finir piétiné ou éjecté de la passerelle par la foule en délire. Il préféra à ce risque celui de marcher sur l'extrême bord de la pierre, et put ainsi prendre un avance considérable. Si bien que lui et la voleuse, regardant tous deux en arrière, finir par se rentrer dedans.

En voyant le regard foudroyant qu'elle lui jetait, le benzert se demanda un instant si, par hasard, elle l'aurait reconnu. Mais avant qu'il n'ait noté la stupidité d'une telle hypothèse, elle lui avait fourré un de ses petits sacs dans la main, accompagnées de paroles insensées.
Ce n'est que lorsqu'il entendit "Attrapez-LE !" qu'il comprit la situation délicate dans laquelle il s'était fourré. La course reprit de plus belle, dont l'enjeu était bien plus grand cette fois.

Bid courrait tête baissée, harcelant sa Voix par la pensée :

"Allez ! Grouille-toi de nous changer notre gueule, ils nous rattrapent !!!
Oh ferme-là, je fais ce que je peux ! Tu sais bien qu'il faut qu'on soit tous les deux concentrés."

Pendant ce temps, il retira son T-shirt et le jeta dans le vide à côté de lui, espérant que ses poursuivants ne le remarqueraient pas.

Il parvint finalement à un croisement, se jeta sur le côté, puis se releva, cachant tant bien que mal son souffle saccadé. Il ne savait pas à quoi ressemblait son visage, et cela l'inquiétait au plus haut point. Or en effet, d'après les grimaces de dégoût que lui jetèrent les prédateurs en colère, lorsqu'ils passèrent devant lui, le résultat ne devait pas être grandiose.
Toujours est-il qu'ils continuèrent sans s'arrêter, interrogeant les passants et beuglant toujours à tout va.

Il ne faisait pas bon rester dans le coin, et Bid se dirigea vers le seul escalier reliant le palais, en direction de la cathédrale.

"Elle m'aura quand même fait perdre un T-shirt, cette petite peste..."
Quelque chose clochait, dans cette remarque.
Son sac !!! Il n'aurait jamais pu se déshabiller s'il avait toujours son sac sur le dos ! Les bretelles se seraient cassées pendant la course et il l'aurait perdu sans s'en apercevoir ? Tout s'était passé si vite...
Cette fois, c'était tout son matériel, ses déguisements, sans oublier le visage qu'il s'était formé en arrivant à cet étage, qui étaient perdus. Cela prendrait des semaines pour pouvoir tout racheter (ou voler, peut importe) et retrouver une occasion de se faire un peu d'argent...

Il entama les marches vers la cathédrale.

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Ehfull
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mer 2 Juil - 5:19

''AAAAAAAAAAAAH !''

Skalathrax se réveilla brusquement. La douleur l'avait immédiatement envahit, alors qu'il s'était couché sur le coté. Son dernier combat avait laissé son flanc gauche meurtri. Voilà ce qu'il en coûtait de devenir fou furieux à chaque altercation avec quelqu'un. Mais il adorait ça, s'abandonner à la violence, dans cette sensation de quasi-invulnérabilité que lui offrait son pouvoir.

Le palais était devenu cacophonique. Auparavant, c'était un endroit presque paisible où l'on pouvait fuir l'agitation des grands centres pour se reposer ou se cacher. Maintenant avec toute cette effervescence autour du désintégrateur, le coin était devenu impossible à vivre. Surtout pour Skalathrax qui s'énervait facilement pour un rien. Cette foule lui faisait presque peur. Au moindre craquage, il pouvait perdre les pédales et se lancer dans cette grande orgie destructrice qui ne s'arrêterait que par sa mort ou celle des autres. Hors avec autant de monde, il finirait bien par atteindre ses limites et se faire tuer.

Mais il fallait bien se nourrir et il n'avait pas un modillon en poche. Skalathrax sortit donc de sa cachette pour arpenter les rues. Il arriverait bien à isoler un pignouf pour lui refaire le portrait et les poches.
Les passerelles étaient couvertes de monde, une vrai fourmilière. Si certains avaient pu marcher sur les autres, ils l'auraient certainement fait. Skalathrax, le premier.
Il plongea enfin dans la foule, absorbé par le flot, tel une goûte d'eau vers une de ses congénères.

« Gbumbl, qu'est ce que ces gens sont lents. »

Skalathrax tentait de se frayer un chemin dans la foule compacte. Décidément il ne supportait pas le contact de celle-ci: bruyante, moite, tumultueuse et capricieuse. Tel une barque, Skalathrax remontait le courant à la recherche d'une rive où il pourrait s'arrêter.
Finalement, il trouva une intersection qui débouchait sur une ruelle annexe où s'engouffraient, de temps en temps, quelques personnes. Il s'y engagea de même afin d'inspecter les lieux. La ruelle était plutôt sombre et semblait être un raccourci peu engageant vers une autre passerelles. Skalathrax se cacha dans l'ombre et attendit. Au bout de quelques minutes, un Manodien de grande taille s'avança dans la ruelle. Notre embusqué retint son souffle, les Manodiens n'étaient pas les adversaires les plus faciles et il allait devoir utiliser au maximum l'effet de surprise allié à sa brutalité pour triompher rapidement de cette adversaire. Tout d'un coup, presque arrivé à la hauteur de Skala, la Manodien se figea brusquement et fit lentement marche arrière, tout en étant près à bondir. Skalathrax ne mit pas longtemps à comprendre le changement d'attitude de sa victime potentielle: la voix du nomade virevoltait tel une chauve-souris autour de lui. Celle-ci l'avait sûrement avertit à propos du mutant caché dans l'ombre...
Ainsi, Skalathrax regarda, dépité, sa proie s'enfuir lentement et finir par se fondre dans la foule...
Énervé, il sortit de sa cachette en grognant et en maudissant la voix des autres habitants de la Tour tout en s'enfonçant plus profondément dans le sombre passage...

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Aeshan
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MessageSujet: Re: Le Palais   Ven 18 Juil - 18:08

Bande d'incapables.... regardez-moi ça !

« ...désolés, on pensait vraiment que... »

Des excuses maintenant ? Ils n'en méritaient pas, ils ne méritaient même pas l'attention qu'on leur portait.

« ...que ça a été si vite et ... »

Je ne leur en offrais d'ailleurs aucune, les regardant d'un air distrait, en tapotant avec nervosité d'une main sur les accoudoirs de mon « trône », tandis que l'autre soutenait ma tête fatiguée. Ce n'était pas vraiment un trône puisqu'il n'avait ni dorures, ni beaux ornements mais il en avait par contre l'aspect massif et impressionnant. Il semblait avoir été taillé directement dans le tronc des plus grands arbres et, paraissant quasiment impossible à bouger de son emplacement, on paraît pu croire que c'est la salle qui avait été construite autour du fauteuil, déjà présent depuis le commencement de tout. Ou alors c'était juste un gros fauteuil trop massif pour vraiment utile et très inconfortable. Surtout dans ce genre de situation où chaque seconde semblait durer des heures.
L'ennuie était à son paroxysme et je me sentais de plus en plus énervée, en cogner un ou deux serait tellement... Je jetai alors un coup d'oeil à Ulysse qui, par terre, était soigneusement en train de faire sa toilette de la façon la plus bruyante et la plus répugnante possible. J'avais plus le regard dans le vague que vraiment en train de le fixer mais il sembla néanmoins se rendre compte de cette soudaine attention pour sa toilette journalière et me retourna une grimace qui me sortir de ma torpeur.

Où on en était déjà ? Ah oui...


« ... et donc c'est pour ça qu'il nous a échappé. »

Apparemment c'était la fin ce pitoyable exposé des tenants et aboutissants de l'échec de ces deux nuls. Je les fixais, dépitée, tandis qu'eux attendaient la sentence de leur chef. L'un, Jules, avait tous les traits du gentil-homme. Ou en tout cas du gentil garçon vu sa jeunesse. C'était un anwilein, d'à peine plus de 21 ans, aux cheveux blonds coiffés en raie sur le côté et donc l'armure brillante de lueurs dorées et serties de nombreuses pierres précieuses laissaient clairement supposer sa haute extraction. Il se débrouillait pas mal en combat mais il manquait de jugeotte. Lui devait être là dans un processus de révoltes contre ses parents qui ne dureraient sans doute pas plus d'un an. Mais il pouvait toujours servir... enfin c'est ce que je croyais. L'autre, Miguel, était plus du genre loubard. Un grand Mutant bien costaud, dont le torse nu était couvert de cicatrice et le regard plus foudroyant que celui de Méduse. On lui donnait d'ailleurs facilement beaucoup plus de crédits qu'à son partenaire... à tort. En plus d'être aussi peu dégourdi, il était un invétéré trouillard. Lui s'il était là, c'était uniquement pour l'argent et surtout, la gloire. C'était beau l'espoir de la jeunesse. En tout cas les deux formaient un duo aussi mauvais qu'inséparable et ils avaient l'air d'avoir en ce moment fusionné leurs esprits puisque tous deux me regardaient avec une mine franchement inquiète.

Finalement, poussant un long soupir, je me levai et se dirigeai dans leur direction tout en résumant leurs fautes.


« Vous étiez chargés des surveiller une misérable allée du Palais au cas où le Désintégrateur y passerait. La probabilité était très faible et c'est pour ça qu'on vous avait mis là-bas. Animé d'un grand sens des responsabilités vous avez abandonné votre poste pour aller, je cite, reluquer un groupes de superbes Yakones qui passaient par là. Bien entendu le Désintégrateur est passé par la ruelle que vous étiez sensés surveillés. Coup de chance, vous l'avez croisez en revenant de votre interlude voyeurisme et là, il vous a filé entre les doigts à cause, et là encore je vous cite, d'un aussi habile qu'ingénieux stratagème, dont je ne veux même pas entendre parler. Bref il ne serait pas trop s'avancer que de dire que vous avez tout fait foirer ? »

J'étais maintenant arrivée à leur niveau et je pus voir les deux compagnons se jeter des regards franchement inquiet. Après avoir esquissé un sourire nerveux, le premier, et je ne sais pas lequel c'était, tomba à terre après avoir reçu mon genou avec violence en plein entre ses jambes tandis que j'envoyai le second valser un peu plus loin avec un franc coup de poings.

« Inutile de vous dire que vous allez être de corvée nettoyage pour un bon bout de temps ! Et estimez-vous heureux que je ne vous vire pas de la troupe ! Les autres, continuez votre traque du Désintégrateur, on a un bon paquet de fric sur ce contrat. Keith et Dan vous venez avec moi, on va régler quelques trucs. »

Avant de passer la grande porte en ruine de la salle, je jetai un coup d'oeil en arrière à Ulysse, regard sous-entendu lui signalant que s'il pouvait arrêter là maintenant sa toilette baveuse pour venir m'accompagner et me filer un coup de main le cas échéant, ça serait cool. Ce à quoi, tout en s'envolant et en me rejoignant d'un coup d'aile, il répondit par un autre regard qui, malgré tout le respect que l'on se portait après tant d'année passées ensemble, aurait voulu dire dans une traduction très simpliste mais tout à fait correcte : « Tu fais chier. ».

Keith et Dan étaient des braves types, vraiment. J'ai toujours trouvé que, même pour des anwileins, ils avaient des tronches d'égorgeurs spécialisés dans la ruelle sombre et ils brillaient pas franchement par leur esprit mais ils remplissaient bien leur rôle de « Je-dissuade-les-méchantsd'approcher-et-je-tape-s'il-faut » et puis ils suivaient les ordres, qualité de plus en plus rare de nos jours... Enfin bref, l'important était qu'ils fussent à mes côtés et c'était plutôt utile pour faire s'écarter la masse grouillante qui trainait sur les passerelles du Palais. Des mercenaires ça ? Des guerriers ? Tout juste des petits riches en manque de renommées, ou des grands pauvres qui espèraient encore l'Eldorado. En tout cas le Désintégrateur n'était pas ma principale préoccupation pour le moment, j'avais suffisamment à faire avec les impayés. Trop de gens pouvoir faire appel à nos services sans payer. La philanthropie, j'aime bien, mais faut pas exagérer. Je me baladais donc dans le but d'aller régler ces quelques dettes, ce qui je n'aimais pas spécialement d'ailleurs. Généralement ça se passait plutôt bien, notamment grâce à la présence de Keith et Dan mais il arrivait, parfois, qu'on doive recourir à la force et pour ce cas là aussi, les deux anwileins s'avéraient plutôt salvateurs. Mais l'heure n'était plus à la réflexion puisque nous venions de trouver un des escrocs en question.


« Je comptais vous payer, ne vous inquiétez pas ! Je réunissais juste l'argent, c'est que c'est plutôt cher, et je ne suis pas très riche, alors si vous pouviez... enfin vous voyez... »

Ce vieux Benzert était déjà en larmes avant même qu'on ne montre les crocs, ça s'annonçait rapide. Il y avait fort à parier qu'il avait même déjà souillé ses sous-vêtements. Je pus percevoir qu'il jetait des coups d'oeil rapide autour de lui, à la recherche d'un échappatoir mais nous l'avions coincé au bord du vide, sur une passerelle où il n'y avait pas un quidam. Même si je ne pouvais m'empêcher de trouver la démarche proche du vol, après tout c'était de sa faute. Je me rapprochais donc confiante de lui, tentant d'arborer un sourire rassurant, la main droite ouverte devant lui.

« Allez, ça va bien se passer, à condition que vous y mettiez du vôtre. »

Quand tout d'un coup un bruit de verre cassé s'échappa d'une pièce adjacente à la passerelle. Je me retournai alors brusquement vers la source du bruit en laissant échapper un cri de surprise, et le Benzert d'en profiter pour s'échapper, m'envoyant au passage un coup de poing sans grande force mais suffisamment déstabilisant pour que je chute. Juste le temps de reprendre mes esprits et je criai un ordre :

« Dan, t'es le plus rapide, poursuis-le, rattrappe-le et... fais en sorte qu'il ait mal. On te suit... »

« Attends ! »C'était Ulysse, qui fixait la salle d'où venait le bruit.
« Quoi ?
_Tu ne veux pas y aller ?
_Aucun intérêt, je préfère plutôt récupérer mon Molidon.
_Mais juste pour voir, on ne sait jamais...
_Ton intuition ?
_Mon intuition. »

Il faut dire qu'elle lui donnait rarement tort cette intuition, c'était presque comme un pouvoir. Je fis donc signe à Keith de me suivre et m'enfonçai dans l'entrée sombre, Ulysse marchant juste derrière moi. Quel courage celui-là, il n'allait surtout pas partir en éclaireur. Il n'y avait pas l'air d'avoir âme qui vive là-dedans et nous ne tardâmes pas à trouver des débris de vases qui, à en croire le peu de poussière déposée, venait de passer à trépas. Bah, c'était à tous les coups un animal imprudent et maladroit qui en était l'auteur. C'était en coup ce que je pensais jusqu'à ce que j'entende un bruit familier et agréable. Je tendis un peu l'oreille... oui c'était bien le bruit de piécettes que l'on maneuvrait ! Je les sentis qui m'appelaient et ne tins bientôt plus en place à tel point que je loupais une petite marche dissimulée et tombai majestueusement et surtout bruyamment à terre. J'entendis Ulysse ricanner tandis que Keith, plus poli, ou alors simplement plus lent à réagir, se retins.

« Ya quelqu'un ? »

Ben oui évidemment avec tout ce boucan, ça devait arriver... Bon de toute façon c'était trop tard maintenant, autant tenter, il y avait juste à espérer qu'ils n'étaient pas trop nombreux. Je me levai donc d'une traite et, dégainant, mon cimeterre, pénétra dans la pièce occupée pour ne trouver qu'une Thisbane, cachant en urgence un petit coffret derrière elle. Parfait !

« Bon ben désolé mais c'est la vie, et moi la vie je l'imagine pas sans Molidon donc tu vas nous filer gentiment ce que tu caches.»

Et puisqu'elle n'avait pas vraiment l'air intimidée, je fis quelques pas sur le côté pour réveler Keith qui se tenait derrière moi, imposant et effrayant, qui avait déjà fait apparaître sa Voix, une sorte de gros marteau.
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Dilandau
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MessageSujet: Re: Le Palais   Dim 27 Juil - 11:17

*Bordel ! C'est quoi ça encore ?*

Impossible de compter son argent gagné presque honnêtement à la sueur de son front ? Lain damna son manque de discrétion et tenta en vain de cacher le coffret derrière elle, espérant avoir à faire à des myopes extrêmes mais apparemment ce n'était pas le cas. La grande blonde lui criait déjà d'abandonner à de parfaits inconnus la recette de plusieurs mois de... travail et dans ses yeux, la fée pouvait voir une lueur briller à l'évocation du trésor pécuniaire. Et comme si cela ne suffisait pas, elle avait amené avec elle un pote bien costaud et qui ne semblait, à sa tronche, pas savoir faire grand chose d'autre que d'égorger des petites vieilles. Son gros marteau... non, ça aurait une insulte envers ce noble outil que de qualifier de marteau cet abominable engin. C'était plus un immense bloc de pierre qui semblait avoir été arraché tel quel de la roche, à mains nues, et posé sur un long manche de bois qui paraissait incapable de soutenir un tel poids. Et toute cette joyeuseté portée à une main par dessus l'épaule en armure de son propriétaire. C'était tout le tableau qui semblait complètement incohérent. Les Voix pouvaient faire des merveilles et, à ce moment-ci, Lain regretta de n'en posséder une, du genre arme de destruction massive sur pattes, qui vous tuerait bien vite fait une armée de ce type de gros bras à massue avec en option un petit nettoyage pour laisser le coin propre après utilisation, une phase qu'oubliaient souvent ce genre de types. Parce que là, question propreté, s'il prenait à l'Anwilein de lui en mettre un gros coup, autant on ne trouverait aucune trace de la Fée dans le Jardin, autant le sol, lui, garderait sans doute à jamais un petit tas ensanglanté comme preuve de l'existence de Lain en ce monde. Aussi la fée noire tremblait-elle à l'idée de son funeste avenir tandis qu'elle dévisageait le dernier participant à cette joyeuse réunion.

C'était sans doute la Voix de la blonde, ce qui ne paraissait finalement pas si évident quand on les comparait tous les deux. Autant elle, malgré le peu de sympathie que lui portait Lain après cette première rencontre, était jolie, plutôt classe et il n'aurait pas été étonnant qu'elle ait fait succomber à son charme plusieurs mâles, autant lui était parfaitement repoussant. Cet air fourbe et sûr de lui, ces longues griffes apparemment fort usitées, cette façon répugnante de se nettoyer... Bah, après tout, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais pour lui, le contraire devait vraiment être plutôt rare. A cette réflexion, la fée ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire, d'autant plus motivé par la tension qui régnait.

En tout cas ce n'était pas vraiment le moment. Il était inconcevable qu'elle donne son Molidon à des types qui la menaçaient ainsi. Déjà le donner à des amis elle en était incapable. D'ailleurs elle évitait les amis, ça réglait la majorité des problèmes sociaux et surtout monnétaires, ce qui simplifiait la vie. De simples relations suffisaient. Et puis ils avaient qu'à voler de l'argent eux-mêmes. Remarque c'est ce qu'ils étaient en train de faire, ils agissaient donc exactement comme elle. Le problème logique qui se posait à Lain était que c'était son argent qu'on lui volait, et que ça par contre c'était interdit. Il n'était alors vraiment pas question de laisser faire, aussi parcourut-elle de ses yeux rouges l'entièreté de la salle afin d'y découvrir un autre sortie. Il y avait bien la petite lucarne, seule source de lumière de la pièce mais elle ne pensait pas avoir le temps suffisant pour l'ouvrir et en sortir avant de voir son crâne être réduit à l'état de petit tas de chair rouge. Aussi allait-il lui falloir trouver autre chose. Se battre contre ces brutes était hors de question et encore moins profiter de sa taille pour se glisser entre eux. D'une part parce qu'elle était encombrée par son coffret, qu'il était hors de question d'abandonner, et d'autre part parce qu'elle sentait que l'espèce de petit singe ailé, dont les caractéristiques physiques lui étaient semblables, lui donnerait du fil à retordre. Repérant une petite flaque d'un liquide poisseux et nauséabond dont il valait mieux que l'origine reste secrète qui, coulant goutte à goutte, s'amassait en une flaque jaunâtre derrière ses agresseurs, elle eut une idée. Le problème c'est qu'il lui faudrait gagner un peu de temps. Aussi, sentant que déjà la Manodienne perdait patience, elle commença tout de suite son sort, tentant en même temps de détourner l'attention de ses nouveaux amis.


 « Non mais j'pense pas qu'on soit obligé d'en arriver à de telles extrêmités... Vous êtes qui ? Des brigands ? »

Derrière eux, commençait à s'élever discrètement selon une colonne l'eau dégoûtante

 « Vous pensez vraiment que c'est bien c'que vous faites ? Parce que bon c'est pas avec ça qu'on peut vraiment prétendre au bonheur. »

Il n'y avait maintenant plus une trace de liquide par terre et il était dommage que les mercenaires ne pouvaient contempler le spectacle aussi bien étonnant qu'amusant de la flaque jaunâtre qui se déplaçaient tout en s'étalant à quelques mètres au-dessus de leur tête.

 « Après je peux pas juger, hein. P't'être que la vie a pas été facile pour vous. Mais c'est pas une raison non ?»

Voila, le piège était en place. Chacun des trois compères avait son petit volume d'eau perché au-dessus de lui qui n'attendait qu'un ordre pour répandre sa liquide pestilence.

 « Du coup j'pense que j'peux vous laisser le coffre après tout, faut bien s'aider. Par contre faudra venir le chercher ! »

Et alors elle exécuta un rapide mouvement de main vers le haut tandis que ses agresseurs purent finalement recevoir leur douche méritée. Profitant du fait que leur attention soit détournée, Lain fonça à travers leurs jambes, transportant tant bien que mal son coffret qui la ralentissait. Eh ! Elle avait pas fait tout ça pour l'abandonner après tout, le pauvre. Passant à côté du singe repoussant, elle sentit la peau de son bras droit se déchirer dans un pincement désagréable mais n'y donna pas d'importance. Pour le moment, il fallait fuir. Et pour le coup ça avait l'air plutôt réussit. Elle sortit de la salle comme une trombe et parcourut encore quelques mètres en voletant au-dessus de la passerelle, avant de se poser pour reprendre son souffle. Elle ne put contenir un petit cri quand une douleur la prit alors au niveau de son bras et elle y porta immédiatement son regard. Trois entailles rougeâtres et déjà sanguinolentes marquaient sa peau sombre. Elle lécha instinctivement ses plaies et posa sa main gauche dessus dans une grimace douloureuse. Les blessures n'étaient pas trop profondes, le singe avait sans doute frappé au hasard, gêné par le liquide et Lain n'osait pas imaginer l'état de son bras s'il avait pu viser. Elle se retourna et cria quelques mots en direction de la salle qu'elle venait de quitter, à la fois satisfaite de leur avoir échappés et énervée d'avoir été blessée.

« Alors ! Vous faites moins les malins bande de nazes ! »

Jusqu'à ce qu'elle voie les malins en question débouler en sa direction. Elle s'envola alors à nouveau rapidement pour fuir tout en pestant. Le poids du coffret ainsi que le fait qu'elle était blessée l'empêchaient de voler complètement, ce qui aurait pu lui permettre de s'échapper par-dessus les toits. A la place, elle voleta le plus rapidement possible à travers la passerelle, recherchant le premier quidam venu qui pourrait l'aider. Et elle le trouva finalement alors que ses bourreaux se rapprochaient dangereusement.

C'était un Mutant avec une sale tronche qui sortait, l'air maussade, d'une ruelle. Remarquez, normal pour un Mutant. Mais lui n'était pas seulement repoussant, mais aussi, et surtout, effrayant. Ça avait l'air d'être une sacré brute, résolument tournée vers le combat et il ne devait d'ailleurs pas faire grand chose d'autre de sa vie en fait. Assez bizarrement, du haut de sa tête dépassaient des genres de petites bouts métalliques, ce que Lain trouva d'ailleurs plutôt curieux et preuve flagrante d'un puissant manque de goût. Mais là n'était pas la question pour le moment. Il était costaud, elle était poursuivie, il tombait à pic. Elle le dévisagea encore un court instant puis passa rapidement derrière lui avant de se poser à nouveau, exténuée, sur la passerelle.


« Eh toi la brute là, ça te dirait pas de m'aider ? Ya des types un peu bourrins qui me poursuivent et la baston c'est pas mon fort, tu voudrais pas leur faire leur fête ? »

Et puisqu'elle se dit que le regard suppliant dont elle avait l'habitude d'user ne marcherait sans doute pas sur un type pareil, elle ajouta dans un sourire tout en secouant bruyamment son petit coffret, faisant résonner la monnaie qu'il contenait :

 « Évidemment, tu seras grassement payé... »

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Le Palais

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