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 Le Palais

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Aeshan
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mar 15 Sep - 20:13

Et quoi maintenant ? Une attaque ? J'eus à peine le temps de voir que mes hommes étaient attaqués que je me retrouvais moi-même à devoir affronter un Yakon. Armé d'une lance, il avait profité de l'effet de surprise pour essayer de me planter sans autre forme de salutations. Je ne devais mon esquive qu'à la chance. Pas plus surpris que ça d'avoir échoué, mon ennemi s'envola à nouveau et attaqua à nouveau. Cette fois j'étais un peu plus préparée et je pus esquiver plus facilement le coup. Encore une fois le Yakon retourna dans les airs, préparant sa prochaine attaque.

C'était embêtant. Il n'avait pas l'air de vouloir changer de tactique d'attaque et, même si pour l'instant je parvenais à éviter ses coups, il finirait par m'avoir sur la longueur. Sa lance était parfaitement adaptée pour ses attaques en piqué et il était presque sûr de rester toujours hors de portée de mon cimeterre. Ah une nouvelle attaque ! Une roulade me permit encore une fois d'échapper à un destin cruel et je dégainai mon cimeterre tandis que je regardai mon adversaire se remettre encore une fois en position. Il fallait que j'agisse vite, sans quoi un de ses coups finirait par passer.

Alors que le Yakon s'apprêtait à attaquer, Ulysse décolla de mon épaule et s'éloigna de moi, dans la direction opposée de mon adversaire. Ce dernier pour qui ma Voix ne représentait pas un danger immédiat se reconcentra sur moi et chargea à nouveau. Je pus esquiver mais sentis mes limites arriver. Mais tout était prêt pour inverser la situation. Je me mis en garde, attendant le coup de mon ennemi qui, conscient d'avoir l'avantage face à un simple sabre, fonça sans se poser de question. Alors qu'il fondait sur moi, Ulysse lui griffa violemment le visage. Le Yakon, visiblement bien entraîné, ne se laissa pas distraire et repoussa ma Voix d'un coup de coude avant de continuer sa charge sur moi. Je pus remarquer à ses yeux ensanglantés qu'il avait noté que quelque chose avait changé. Et en effet mon cimeterre avait disparu mais il ne put s'en rendre compte trop tard puisque mon arme, lancée pendant l'attaque d'Ulysse, avait déjà frappé son torse, heureusement pour lui sur le pommeau de l'arme. Voilà une technique que j'aurais à travailler. Profitant du fait qu'il n'était maintenant plus très loin de moi et surtout très déstabilisé, j'attrapai son arme et l'attirai à moi. Il eut le bon réflexe de lâcher sa lance pour s'élever dans les airs, esquivant ainsi le coup de poing que je lui envoyais. Mais après tout, que pouvait-il faire maintenant qu'il était désarmé ? S'il comptait se battre à mains nues, je l'attendais le type !

Mais il ne fit rien, restant en l'air et me regardant, légèrement apeuré mais apparemment pas désespéré. Je pus le voir sourire, puis ouvrir sa main et, sans que je ne puisse faire quoique ce soit, une brillante lueur bleue en sortit et vint me blesser au bras gauche. Je ne savais pas s'il avait fait exprès de ne pas viser un point vital et s'il avait encore d'autres tirs comme celui-ci en réserve. Ce que je savais bien par contre, c'était qu'il allait payer pour ça ! Alors qu'il ouvrait à nouveau sa main, sans doute pour tenter un nouveau tir, probablement mortel celui-là, il fut de nouveau interrompu par Ulysse qui lui fonça dessus et commença à lui charcuter le torse avec des coups de griffes répétés. Et quand le Yakon réussit finalement à se débarrasser avec exaspération d'un revers de la main de la gêne volante et voulu reprendre là où il en était, il ne me trouva pas. Et en effet j'en avais profité pour me placer derrière lui. Mon arbalète sortie, un genou à terre, je préparai mon tir. Pas question de louper.

Puis je finis par tirer. Dans un sifflement, le carreau vint se planter dans le dos du Yakon qui se retourna avec un rage. Un second tir et c'est cette fois en plein dans son torse qu'il reçut la pointe et tomba à terre. Récupérant mon arme, je bondis sur lui et le plaqua sur le dos. Il semblait encore sous le choc de la chute et je le réveillai d'une bonne claque. Là il avait clairement peur !


 « Non c'est bon je me rends ! Je vous dirai tout ! »

Pour la première fois depuis le début du combat, je regardai ce qui se passait autour de moi. Je jetai notamment un coup d'œil à Seith qui apparemment gardait son agresseur prisonnier. Posant mon regard à nouveau sur ma victime, je lui dis très posément :

 « Je crois qu'on a déjà ton pote pour ça, on va pas faire collection non plus ! »

Et je plantai alors mon sabre dans son crâne, essuyant d'un revers de la main la gerbe de sang qui vint m'éclabousser le visage. Gardant mon arme en main, je me dirigeai alors vers Seith et son colis.

 « Tu permets que je t'emprunte ça ? »

Puis je saisis le Yakon des mains de Seith et vint le plaquer par terre sur le ventre, lui gardant ses mains dans le dos. Apercevant avec contentement les blessures aux ailes du Yakon, j'enfonçai mon doigt dans l'une des ouvertures béantes, provoquant un cri de douleur de la part de ma victime.

 « J'espère que vous n'avez rien contre la torture ? »

Je lançai alors un regard à Zakiel plus particulièrement, craignant qu'il ne me vienne me bassiner avec des histoires de droits des prisonniers ou autre. J'enfonçai alors ma main plus profondément dans l'entaille rougeâtre, plus par plaisir à vrai dire. Triturant un peu la plaie, je posai finalement ma question :

 « Bien, qui t'envoie et pourquoi ?
_Va te faire ! »


Je préférais de toute façon quand ils résistaient. Ulysse vint se poser à côté de son visage et le caressa de ses griffes encore ensanglantées.

« Sûr ?
_Sûr connasse ! »


En plus de l'insulte, il laissa s'échapper un cri rauque. Ulysse venait de planter sa griffe dans son oeil. Je sentais monter en moi une agréable sensation. Puis, sans même attendre une quelconque parole du Yakon, j'enfonçai ma main plus profondément.

 « Et maintenant ? »

Il ne répondit pas tout de suite mais à sa respiration haletante qui allait en se calmant, je savais qu'il était sur le point de parler. J'avais déjà connu ça. Histoire d'être sûr, je lui enfonçai la pointe de mon cimeterre dans son autre plaie et attendit.

 « Je... on est des mercenaires à la recherche du Désintégrateur. C'est juste histoire de... se débarrasser de la concurrence. »

Au bruit qu'il fit en avalant sa salive, il était facile d'imaginer à quel point il souffrait. J'aimais cette sensation.

 « Si vous me laissez partir, je peux vous donner des infos sur le Désintégrateur... des infos que vous avez pas...
_Tu as mon attention, continue.
_Il y a de fortes chances qu'il frappe à Primo.
_Ca je le sais, rien d'autres ?
_On pense... on est presque sûrs qu'il frappera dans la section Bêta.
_Là tu commences à me plaire ! Autre chose ? »


Il s'était arrêté de parler mais il n'avait visiblement pas tout dit. Il hésitait. Enfoncer mon sabre de quelques centimètres de plus suffirait. Et puis ça me faisait plaisir.

 « Autre chose ?
_On s'est déjà fait avoir plusieurs fois... il peut se rendre invisible, ou se camoufler... on sait pas trop. Cherchez pas à l'attraper juste au moment où il attrape la boule... vous y arriverez pas.
_Ne nous mets pas dans le même panier que vous. Et encore ?
_Je sais rien d'autre, je le jure ! Laissez-moi partir ! »


Et il ne mentait pas. J'étais légèrement peinée d'avoir à arrêter là la torture mais même les meilleures choses ont une fin. Je retirai mes doigts et mon sabre de ses plaies et le retournai sur le dos. Il avait vraiment une sale gueule. Du bout de mon sabre, je dessinai alors grossièrement sur son torse le symbole de mon groupe : une épée enfermée dans un cercle. C'était une habitude que l'on avait pris avec les prisonniers, ses chefs sauraient qu'il avait parlé.

Je me relevai alors, rangeai mon sabre et m'essuyait rapidement les mains sur les habits de ma victime. Jetant un coup d'œil du côté de mes hommes qui avaient eux aussi subi l'attaque, il me rassurèrent d'un signe de la main que tout allait bien pour eux. Apparemment ils n'avaient à déplorer qu'un mort. Puis, regardant Seith en souriant, je lui tapai sur l'épaule.


 « Apparemment Zakiel n'a pas menti à ton sujet. »

Puis j'invitai mes compagnons à me suivre tandis que nous reprenions notre route vers Primo.
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Ange de platine
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mer 16 Sep - 8:08

Après cette débauche de violence simple et efficace, Zak' assista à l'interrogatoire d'Héléna avec un certain écoeurement.

Il trouvais la torture contre-nature, pour lui, après un combat non amical, le perdant doit connaitre la mort du Guerrier, c'est à dire mourir brutalement, où d'une blessure faite pendant une bataille, mais certainement pas de cette manière lente et cruelle.

Mais bon, si cet idiot résistait à sa mise à mort et préférait se faire torturer, Zak' n'allais pas non plus pleurer sur son sort.

Durant la bataille, il avait remarqué les techniques de combat de la Manodienne. Ce n'était certes pas une foudre de guerre et de techniques, mais tout le monde n'avait pas la chance d'appartenir à la noble lignée Anwileinne pensa Zakiel avec un sourire, néanmoins, elle faisais preuve d'une bonne synchronisation avec sa Voix, et d'une ruse nécessaire à la victoire. Elle était donc une alliée de poids.

Une fois la torture terminée, ils en savaient maintenant plus sur ce Désintégrateur, et Héléna invita les deux Anwileins à la suivre.

Se dirigeant tout d'abord vers le mutilé, Zak remarqua que celui-ci n'avait pas de blessures vraiment grave qui le ferais mourir rapidement. Il préféra donc faire apparaitre sa Voix et lui accorder le Repos du Guerrier, puis, faisant disparaitre de nouveau son arme, il se dirigea vers la Manodienne de son pas lourd tout en retirant son gantelet droit.


« Attends. J'ai vu que tu as été blessée pendant ton combat. »

Arrivé à sa hauteur, il la tint par l'épaule droite fermement pour lui intimer de ne pas bouger. Sa blessure était légère et il pourrait s'en charger sans aucun souci. Il posa sa main nue là où la peau d'Héléna avait été meurtrie, il sentit que celle-ci eut un petit mouvement de recul (du à la douleur, où à la gêne, Zak ne se posait pas la question) mais l'Anwilein garda sa main sur la blessure.

Après quelques secondes de concentration, les yeux d'Or se mirent à reluire d'un reflet blanc et une aura vive, chaude et apaisante entoura sa main droite. Quelques instants plus tard, l'aura disparut et sembla pénétrer dans la blessure de la jeune Manodienne.

Zakiel retira sa main, remit son gantelet et recula d'un pas afin de remettre un peu de distance entre lui et son alliée.


« Ta blessure n'est pas soignée, ça se résorbera tout seul, mais cela devrait te faire moins souffrir et apaiser tes chairs meurtries. »

Il attendit maintenant qu'ils se remettent en route, et qu'Héléna leur explique son plan.

« T'a prévu quoi alors? Pour piéger ce Désintégrateur? »

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DemonAnthrax
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mer 16 Sep - 11:21

Face à cet excès de violence envers « son » Yakon, Seith ne pu réprimer l’envie de penser que s’il l’avait tué, il n’aurait pas autant souffert. Certes ses informations étaient importantes, du moins le semblait il pour Héléna et Zak qui avait l’air tout deux satisfait de ces aveux.

« Le Désintégrateur, c’est donc pour ça qu’ils sont ensemble, ma foi ça peut devenir intéressant… un ennemie comme celui-là, ça court pas les rues et ça changera de ce combat inutile. »

Se remémorant ce court instant, Zakiel était toujours égal à lui-même et Seith commençait à connaître et à deviner les coups que l’autre Anwilien utilise en combat. Par contre pour la Manodienne, il ne comprenait toujours pas comment elle a pu se hisser à la tête d’une troupe de mercenaires dont la plupart sont des Anwiliens. Peut-être n’est elle pas à l’aise avec les combats aériens mais en tout cas, sur ce combat, elle n’avait pas montré une grande habilité. Sans son ouistiti, elle serait surement beaucoup plus blessée…

« J’espère que sur ce de vrais combats, elle s’en sortira mieux mais je ne vois toujours pas pourquoi Zak la suit comme ça et… qu’est ce qu’elle vient de faire là ? ».

Seith sortit de ses pensées au moment de la tape qu’il venait de recevoir sur l’épaule de la part de la Manodienne.

« Apparemment Zakiel n'a pas menti à ton sujet. »

« Ce n’est pas pour rien que notre combat à finit pas une égalité. On a une certaine éthique nous les Anwiliens. Votre manière d’obtenir les informations est peu orthodoxe mais je suppose que nécessité fait loi ».

Il reprit son souffle et enchaina :

« Je suis pas forcément le plus logique des Anwiliens mais si j’ai bien compris ce qui se passe, on traque le Désintégrateur et donc il se trouve à l’étage Primo ? Je n’ai rien contre ce genre de divertissement mais à trois on risque d’être un peu débordé non ? »

Face au sourire de la Manodienne, Seith comprit qu’il y avait un plan bien monté et qu’elle semblait savoir parfaitement ce qu’elle faisait. Il se rassit un moment, laissant les mercenaires se préparer à repartir. Pendant ce temps Zak s’était rapproché d’Héléna pour lui apaiser la douleur qu’offrait sa blessure à l’épaule. Une fois qu’il eut finit, Zak demanda enfin comment ils allaient s’y prendre pour piéger le Désintégrateur.

Il regarda Héléna, attendant sa réponse avec l’excitation d’un jeune Anwilien découvrant sa Voix.

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Dilandau
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MessageSujet: Re: Le Palais   Jeu 17 Sep - 2:11

Finalement c'était vraiment une grosse brute comme une autre. Il n'avait pas l'air de dégager une once d'intelligence. Autant quand il était silencieux, ça pouvait lui donner un petit côté classe et réfléchi, ou tout du moins on pouvait lui accorder le bénéfice du doute. Mais à partir du moment où il ouvrait son claquet c'était fini et c'était la vérité qui nous arrivait en pleine face en même temps que son haleine repoussante. Il fallait au moins lui reconnaître qu'il avait fait une longue phrase, ce qui devait représenter pour lui un véritable effort. Lain commença à douter du fait qu'il puisse lui permettre de récupérer son Molidon. D'autant plus qu'il n'avait pas l'air dérangé d'être un esclave.

 « Le bracelet ne me gène en rien, une fois soigné, la Manodienne aurait beau savoir où je suis, si je désirais lui en foutre une, je vois mal ses Anwilliens m'arrêter »

Lain ne put s'empêcher de pouffer de rire quand il dit ça avec tant d'assurance. N'étaient-ce pas ces mêmes Anwileins qui lui avaient mis une belle branlée un peu plus tôt dans la journée ? Il en avait peut-être eu un mais ils semblaient tout de même un poil plus nombreux que lui. Ouais, c'était pas vraiment une flèche le type et Lain se dit qu'elle avait sans doute bien fait de se tenir à distance, sans quoi il y avait fort à parier qu'il ne resterait déjà à cette heure plus qu'un petit tas de chair anonyme. Et elle ne pouvait pas se permettre de mourir maintenant. Sinon ça pourrait vouloir dire qu'elle abandonnait son argent à l'autre folle et ça pourrait passer pour de la charité !

Mais le Mutant n'avait pas l'air d'être coopératif et encore moins enclin à se retourner contre sa nouvelle maîtresse. D'ailleurs, le fait qu'il se contente de dire « patronne » arracha là encore un rire discret à la Thisbane. C'est pourquoi elle fut plutôt surprise quand le Mutant accepta finalement de l'aider à retrouver son Molidon, tant qu'elle l'aiderait dans sa mission. Ce serait sans doute le surestimer de dire qu'il avait un plan derrière la tête mais en tout cas c'était louche. Aider Lain à récupérer son argent revenait à trahir la Manodienne et il avait l'air trop stupide pour ça. Comme un gros chien bien dressé. Mais d'un autre côté elle n'avait pas trop le choix, puisque rester esclave toute sa vie n'avait pas l'air de le déranger et qu'il semblait sûr de pouvoir se rebeller quand il le voulait. C'était bien les plus idiots qui s'avéraient les plus imprévisibles.

Oui Lain n'avait vraiment pas le choix. Elle se voyait mal attaquer l'autre folle et sa bande de mercenaire seule. Et puis de toute façon, en restant prudente, elle pouvait bien tenter le coup. C'était le seul moyen de récupérer ses sous et d'accéder à sa vengeance.


 « D'accord ça marche. Je t'aurais bien serré la main pour sceller notre collaboration si je risquais pas de perdre la mienne dans la foulée. Contrairement à l'autre j'vais te donner mon nom, c'est Sofia. »

Rester prudente avant tout. Lain leva sa main droite puis fit comme si elle tapait dans celle du Mutant, à distance bien sûr. Elle passa alors en voletant devant son nouveau compagnon.

 « J'connais un médecin qui devrais pouvoir te soigner pour pas trop cher. T'aurais pu demander à tes maîtres de te soigner dans la foulée hin hin... »

Puis, se rappelant de sa première rencontre avec le Mutant, la fée se dit qu'il n'était peut-être pas très prudent de rester, même en l'air, de dos devant lui. Elle alla donc se placer, toujours en vol, au même niveau que lui, à distance raisonnable, toujours pas convaincue de la bonne volonté de la brute.

 « J'espère que t'es prêt à trainer ta couenne mon gros, parce que le type que j'connais, c'est à Primo qu'il crèche. De toute façon... c'est là qu'est ta cible non ? »

Elle n'en savait encore une fois pas grand chose mais après tout, c'était là que se trouvait la majorité des habitants. Et puis, si elle avait vu juste, il finirait peut-être par lui relever l'identité de la cible en question. Pas que ce fut un réel problème que le Mutant se rende compte qu'elle ne la connaissait pas mais c'était surtout que Lain n'avait pas envie de passer pour une nase à avoir fait croire qu'elle avait toutes ces informations alors qu'il n'en était rien. Question d'honneur. Ou, puisque l'honneur dans le cas de la fée était quelque chose de plutôt mal défini, de principe.

Il y avait de la route à faire et donc Lain, prête à faciliter l'établissement de relations durables et amicales, tenta de faire la conversation.


 « Et donc l'esclavage c'est une découverte récente ou alors c'est plutôt une sorte de vocation ? »

Et puis après tout, son objectif à long terme restait qu'il se rebelle contre sa « patronne ». Et qu'il en prenne plein la gueule aussi. Après en tout cas.

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Aeshan
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MessageSujet: Re: Le Palais   Lun 21 Sep - 20:08

Apparemment, ma méthode de torture ne faisait pas l'unanimité. J'avais perçu du dégoût provenant de chez Zakiel tandis que Seith me l'avait clairement fait remarquer. L'Anwileins aux yeux d'or était même venu achever ma victime, ce qui était, de mon point de vue, pas vraiment plus clément. Pensait-t-il vraiment que son adversaire en aurait fait de même avec lui si Zakiel avait perdu ? Ces Anwileins étaient décidément trop coincés avec leur code de l'honneur. A croire qu'ils ne sortaient jamais de chez eux. C'était d'ailleurs plutôt vrai pour la plupart, enfermés avec leur famille sans réelle idée de ce qu'est le monde extérieur et de vivre seul. Mais de toute façon ce n'était pas mon problème, j'avais eu de nombreuses informations et après tout il nous avait attaqué, il devait savoir ce qu'il risquait.

Sans que je ne demande quoi que ce soit, Zakiel m'avait soigné. Même si je pus ressentir une certaine gêne quand il posa sa main sur mon bras, provoquant une espèce de réaction de défense instinctive, ça s'avéra au final plutôt agréable et étonnamment chaud. J'aurais pensé que quelqu'un comme Zakiel ne se battait qu'avec des armes conventionnelles et je fus plus qu'étonnée de voir qu'il avait fait un tour dans une Fontaine. Après tout, peut-être cherchait-il à compenser une certaine faiblesse en combat pur et le résultat était de toute façon fort appréciable. J'aurais sans doute pu me débrouiller seule mais il fallait reconnaître que le sort de Zakiel avait été très agréable.

Et finalement, alors que nous nous remîmes tous les trois en route, Ulysse restant perché sur mon épaule, considérant sans doute qu'il en avait déjà assez fait pendant le combat, mes deux compagnons semblaient plutôt inquiets sur la façon dont allait se dérouler la suite des événements et notamment la chasse au Désintégrateur. A vrai dire j'étais aussi inquiète mais pas pour les mêmes raisons. En effet, il n'était pas bizarre qu'un de mes groupes de mercenaires se fasse attaquer. Après tout la concurrence était rude et on ne pouvait pas dire que nous nous entendions vraiment bien avec les autres mercenaires. Ce qui était vraiment étrange était que ce soit à la Cathédrale qu'ils se fassent attaquer. Ils avaient en effet l'air de savoir que le Désintégrateur frapperait à Primo donc pourquoi vouloir nous gêner à la Cathédrale ? Une possibilité était qu'ils aient menti et que le Désintégrateur frappe à la Cathédrale mais d'après mes propres informations, nous étions presque sûrs que ce serait à Primo. La seule vraie possibilité qui me venait à l'esprit pour le moment, et ce n'était pas pour me réjouir, était que plusieurs groupes, notamment ceux de Primo, aient été attaqués. Mais il n'était pas vraiment nécessaire de leur en parler maintenant, sans savoir de quoi il en retournait vraiment.


 « Comme je l'ai déjà dit à Zakiel, j'ai réparti mes mercenaires en plusieurs groupes dans le but de traquer le Désintégrateur. On va tout simplement rejoindre ceux de Primo et nous préparer à l'attraper. »

Tout en reprenant mon souffle, je les regardai tour à tour tous les deux. C'étaient des guerriers, ils voulaient forcément en savoir un peu plus.

 « Vu qu'on a eu quelques infos supplémentaires aujourd'hui, on va s'en servir. Pas que je fasse totalement confiance à ce que j'ai entendu mais je m'y connais un peu torture... » Un rictus de plaisir se dessina sur mon visage tandis que je repensais à l'interrogatoire. « … et ces infos doivent être fiables à 80%. »

Plutôt 60% à vrai dire, surtout si on comptait sur le fait que ces mercenaires pouvaient très bien s'être trompés à la base. Après tout, s'ils en savaient autant, pourquoi ne l'avaient-ils pas encore attrapé ?

 « On va se contenter de bloquer sa fuite en surveillant chaque sortie de la section Bêta. On va aussi garder un certain nombres de personnes dans la section en elle-même pour tenter de l'intercepter à l'intérieur. On en sait pas encore assez sur lui pour tenter de le piéger de manière... plus fine. »

Peut-être étaient-ils déçus mais après tout ça devait leur plaire, il risquait d'y avoir du combat. Encore que, ça ne serait sans doute pas un duel comme les Anwileins l'appréciaient, il fallait profiter au maximum de la supériorité numérique face à cet ennemi encore trop mystérieux. Au cas où, je ne préférais pas leur faire savoir cela, ils auraient tout le loisir de râler dans le feu de l'action.

Nous arrivâmes finalement à Primo après une descente aussi fatigante qu'ennuyeuse. L'étage était toujours aussi bondé. Toutes les races se côtoyaient, se croisaient, se bousculaient puis s'insultaient dans un capharnaüm assez éprouvant pour les oreilles. L'avantage d'être accompagnée de deux Anwileins et d'être soi-même armée dans un tel étage était qu'on nous laissait tout de même plus facilement passer. Nous suivîmes un dédale de ruelles, parfois faisant quelques détours inutiles, espérant qu'ainsi mes compagnons ne retiennent pas l'endroit où nous nous dirigions. C'était une planque que nous utilisions assez souvent et je n'avais pas envie que son emplacement soit révélé, par sûreté. Je commençais à cerner à Zakiel mais je ne savais pas encore vraiment quoi penser de Seith. Il valait donc mieux faire le plus attention possible.

Nous atteignîmes finalement une demeure sur deux étages en assez mauvais état vue de l'extérieur. Frappant à la porte, son judas s'ouvrit dans un grincement désagréable et deux yeux rouges vinrent s'encastrer dans l'ouverture. Me dévisageant, le regard changea rapidement puis disparut de ma vue. Dans un mouvement lourd, la porte vint s'ouvrir, laissant apparaître un Thisbane aux cheveux verts brillants. C'était Kint. Bien que sa corpulence restait assez faible, on pouvait voir derrière la cape noire qui l'habillait qu'il était entrainé au combat, ainsi qu'aux nombreuses cicatrices qui apparaissaient sur les endroits découverts. Mon regard s'arrêta sur un bandage blanc taché de rouge qui ressortait particulièrement sur la peau noire de son épaule. Il le remarqua et anticipa ma question.


 « On a subi une attaque. Apparemment des mercenaires ennemis. Quelques pertes sont à déplorer dans mon groupe mais globalement rien de bien méchant, rien qui n'empêchera la chasse de continuer. »

C'était bien ce que je craignais. Néanmoins je faisais confiance aux estimations de Kint, on pouvait continuer comme prévu.

 « On a gardé un prisonnier si vous voulez.
_Non ça ira de ce côté, débarrassez-vous en. Disons qu'on a nous aussi été attaqué. »


C'est en entendant le « nous » que Kint remarqua les deux Anwileins qui me suivaient.

 « Ne t'inquiète pas, ils sont là pour nous aider. Lui c'est Zakiel, tu dois connaître, et l'autre Seith. »

Le Thisbane hocha rapidement la tête en guise de salutations.

 «  J'ai eu quelques infos tout à l'heure. On change un peu le plan. Tu va mettre quatre hommes à chaque sortie de la section bêta. Je veux trois groupes de trois qui parcourent discrètement la section. Toi, moi, Zakiel et Seith on surveillera aussi l'intérieur de la section. »

Kint acquiesça sans rien ajouter. C'était ce que j'aimais bien avec lui. En plus d'être plutôt doué en combat, surtout pour un Thisbane, il était extrêmement fidèle et dévoué. Je me tournais alors vers mes compagnons.

 « On a normalement encore quelques heures avant d'intervenir, profitez-en pour vous reposer un peu. Il y a des lits dans la pièce du fond là-bas. »

Je leur indiquai alors une porte au fond de la pièce puis, une fois qu'ils se furent éloignés, je chuchotai à Kint :

 « T'as vu Enis ? 
_Enis ? Non pourquoi ?
_Rien, préviens-moi quand il arrive. »


Je m'en doutais un peu mais ne pus m'empêcher de pester. Tant pis, peut-être arriverait-t-il tout de même avant que nous partions.
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DemonAnthrax
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mer 30 Sep - 15:41

Finalement le discours de la Manodienne n’était pas si exaltant que ça. Tout se résumais à descendre et réfléchir, ce qui n’est pas le fort de Seith, donnez lui un combat et il vous fait des merveilles mais donnez lui une énigme et il s’occupera avec autre chose.

« N’empêche, le désintégrateur ! Je ne pouvais pas mieux tomber dans le fond. Ce Zakiel se lance vraiment dans les défis les plus fou, il n’est pas Anwilien pour rien et dans le fond, la perspective de ce combat est vraiment jouissive.»

Sortant de ses pensées, il remarqua qu’Héléna et Zakiel avait déjà repris la marche vers l’étage Primo. Le chemin fut très long et ennuyeux, personne ne voulait discuter et la seule chose qui occupa Seith fut de compter les marches qu’il descendait. Arrivé à un nombre à trois chiffres il abandonna cette idée, trop prise de tête finalement. Alors il se mit à contempler tour à tour Zak puis Héléna puis Zak puis Héléna… Tout lui échappait encore, il ne sait toujours pas pourquoi cette « équipe » existe ni pourquoi c’est cette Manodienne qui tire toutes les ficelles des évènements. Tout va bientôt être clair, du moins, l’espérait-il.

Ils étaient enfin venu à bout des marches menant à l’étage Primo mais leur balade n’était pas achevé, il fallait encore rejoindre un des groupes de mercenaires d’Héléna qui sont sans doute planqué dans le coin. Franchissant une à une les ruelles bondées de cette étage, Seith ne pu éprouver l’envie de vouloir entreprendre quelques duels. Ses combats avec l’anwilien de la forteresse, plus le Yakon de la cathédrale n’avait pas apaisé la soif de combat de Seith, il était déçu mais en même temps, les prochains combats risquaient d’être fort éprouvant alors autant mieux ne pas gâcher ses forces ici. Et c’est ainsi qu’ils atteignirent enfin la cachette d’Héléna. La porte s’ouvrit laissant apparaitre un être de petite taille.
« Allez voilà des Thisbanes maintenant mais qui est donc cette femme ! »

Seulement la simple vu du Thisbane était plaisante pour Seith, les nombreuses cicatrices qui jonchaient son petit corps en disait long sur le nombre de combat qu’il à pu livrer. Peut-être aura-t-il l’occasion de se frotter à lui. Quand Héléna fit rapidement les présentations, Seith jura de ne pas oublier le nom de celui-ci.
« Kint, je sens qu’un beau duel se prépare entre nous » Mais il sorti aussitôt de ses pensées quand Héléna leur proposa d’aller se reposer un peu. Seith accepta rapidement, non pas qu’il était fatigué mais surtout qu’il aurait besoin de toutes ses forces pour les combats à venir et aussi du fait qu’il voulait être un peu seul à seul avec Zak pour lui parler franchement.
Voyant son compagnon le suivre dans le coin indiqué par la Manodienne, les deux Anwiliens s’installèrent sur leurs couches et, profitant du silence, Seith posa enfin les questions dont il avait hâte d’entendre les réponses.

« Dis-moi Zak, pourquoi suis-tu cette femme ? Il y a un intérêt ou est-elle plus forte que ce qu’elle à pu montrer lors du dernier combat ? Enfin, je veux dire que je comprends très bien qu’on va vers un combat difficile mais pourquoi la suivre elle ? »

Voyant l’hésitation à répondre de son compatriote, Seith attendit paisiblement une réponse.

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Ange de platine
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mer 7 Oct - 15:28

La "chambre" ne payait vraiment pas de mine. Partout, le bois était pourri par l'humidité et une forte odeur de moisissure imprégnait les lieux.

Moisissure où piège? Les sens de Zakiel restait en alerte tandis qu'il s'asseyais sur sa couche, qui grinça de souffrance sous le lourd poids de l'armure.


« Dis-moi Zak, pourquoi suis-tu cette femme ? Il y a un intérêt ou est-elle plus forte que ce qu’elle à pu montrer lors du dernier combat ? Enfin, je veux dire que je comprends très bien qu’on va vers un combat difficile mais pourquoi la suivre elle ? »

Zak était perdu dans ses pensées lorsqu'il entendit que Seith lui parlait à ses cotés. Revenant à lui, il l'observa un instant. Pouvais t'il lui faire confiance? Jusqu'à maintenant, il l'appréciait assez, il semblait fidèle et loyal, malgré son coté groupie hystérique bourrée d'œstrogène en ébullition.
Il décida de lui faire confiance, tout en se gardant de lui expliquer les raisons les plus profondes.


« Je ne sais pas pourquoi cela t'intéresse. Je la suis car elle à le même objectif que le mien : débarasser la tour du Désintégrateur. Elle à de plus parlé de mon père à un moment, et j'aimerais éclaircir certaines choses avec elle. Et mon père. Mais le reste ne te regarde pas. En tout cas, tu as une bonne raison de nous suivre, toi ? »


Jaugeant Seith du regard, il continua, avec un ton de reproche.


« T'es bien conscient que sans moi, tu te serais fait enfermé, ou descendre par ces mercenaires, au moins? Je me demande parfois ce que tu as dans la tête, quand tu agis de cette façon. »


Zak' n'attendais pas réellement de réponse, il avais l'impression d'avoir un petit frère qui le suivait partout. Ça en devenait même parfois pénible. L'Anwilein trouva le temps long et entreprit de compter les taches de moisissures sur les murs lorsqu'un bruit, de l'autre coté de la porte, se fit entendre...

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Ehfull
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mar 13 Oct - 10:00

Sofia avait accepté le marché, Skalathrax esquissa un petit sourire de satisfaction et lui répondit aussi sec:

« Je ne pourrais pas trop forcer mais je tacherais de te suivre. La localisation de la cible, on s'en chargera quand je serais guéri. Je te suis donc... Ah oui, appelle moi Skalathrax. »

La Thisbane s'envola et Skalathrax lui emboita le pas du mieux qu'il put. La créature volante engagea la conversation pour passer le temps jusqu'à Primo:

 « Et donc l'esclavage c'est une découverte récente ou alors c'est plutôt une sorte de vocation ? »

Le mutant sentit une pointe de moquerie. Sofia avait de la chance qu'il ait besoin de son guérisseur sinon il l'aurait bien épingler contre un mur. Néanmoins, Skalathrax chercha quelque chose à répondre à la bestiole, puis lança, la mine réjouie:

« Je suis esclave de ma frénésie, toi de ton modilon, on est pas bien différend dans le fond, sauf que t'es une naine sans défense, ça va de soit. Si on pouvait se concentrer sur notre parcours désormais, on reparlera de ça plus tard. »

Après ça le mutant accéléra le pas, il n'y avait pas de temps à perdre, déjà qu'il ne savait pas combien de temps prendrait sa guérison complète. De plus, bavasser avec Sofia ne l'intéressait pas plus que ça. La bestiole reprit son avance sur Skalathrax, apparemment vexée. Il tacha de la suivre dans le dédale de marches menant à Primo, lui demandant parfois de ralentir un peu, ce que Sofia faisait à contre cœur mais pour une courte durée. Cette garce semblait prendre un malin plaisir à ré accélérer peu de temps après. Ou alors Skalathrax s'affaiblissait de minutes en minutes et peinait à suivre.

Au bout de quelques heures, ils arrivèrent à Primo et passèrent d'une marche forcée silencieuse à une progression chaotique et bruyante. Cette concentration de personnes toute plus énervante les unes que les autres était une cause de d'énervement chez Skalathrax. Il détestait cette endroit surtout quand il se sentait aussi faible. Tant d'enfoirés à qui il ferait bien gouter le le fil de sa hache...

Il interpella Sofia qui était quelques mètres devant lui suffisamment fort pour qu'elle l'entende malgré le bruit ambiant:

« Hé, Sofia, on est bientôt arrivé ? J'en peux plus. »

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MessageSujet: Re: Le Palais   Sam 17 Oct - 19:46

(HRP : Va falloir les faire sur Primo les posts maintenant je pense)

« Je suis esclave de ma frénésie, toi de ton modilon, on est pas bien différend dans le fond, sauf que t'es une naine sans défense, ça va de soit. Si on pouvait se concentrer sur notre parcours désormais, on reparlera de ça plus tard. »

Bah... c'était de bonne guerre. Même si elle aurait souhaité lui montrer qu'elles étaient vraiment ses défenses, elle se ravisa immédiatement. Tout d'abord parce qu'il était préférable en société et surtout en présence d'une nouvelle connaissance de se montrer courtois et agréable. Ensuite parce qu'elle avait de toute façon besoin de lui. Enfin et surtout parce qu'à moins de l'avoir dans le dos, elle ne pourrait sans doute pas faire grand chose dans cette situation là. Tout vient à point à qui sait attendre parait-il. Il se trompait aussi sur le rapport entre la fée et le Molidon, le précieux métal n'étant qu'un simple intermédiaire, et non une finalité, entre elle et son désir le plus profond. Ce n'était pas l'argent en lui-même qui l'intéressait, mais ce qu'il allait lui permettre d'obtenir. De toute façon là n'était pas le sujet. Et puis la probabilité que le destin permette aux deux neurones de Skalathrax de se connecter à l'exact moment où la fée lui expliquerait cela, permettant à la brute de s'élever à des horizons philosophiques supérieurs, restait tout de même très faible.

Le voyage se passa relativement sans embrouille, ce qui était au final passablement emmerdant, d'autant plus que l'allure générale était ralentie par l'état du compagnon de Lain qui commençait, il fallait le dire, à en chier sévère. Qu'il lui demandât de ralentir l'étonna d'ailleurs, persuadée qu'elle était qu'il serait bien trop fier pour seulement y penser. Pas une grande preuve de volonté mais c'était au moins une certaine marque, osons le mot, d'intelligence. C'est d'ailleurs pourquoi Lain s'amusa à changer arbitrairement son rythme, s'assurant tout de même par des coups d'oeil à intervalles réguliers que le Mutant n'avait pas claqué. Elle arrêta au final elle-même ce jeu, tout autant fatiguée que son compagnon.

Le passage le plus pénible fut sans commune mesure l'arrivée dans Primo. Un melting-pot grouillant de gens pressés et désagréables qui s'écrasaient les uns les autres dans un brouhaha insupportable et une odeur nauséabonde constante tellement dense qu'on s'imaginait à chaque instant la voir s'élever sous la forme d'un nuage vert paresseux. Mais d'un autre côté, l'affluence avait ses bons côtés et, tant qu'elle supportait encore la présence de la populace, Lain en profita pour débarrasser quelques quidams d'une maigre contribution à son bien-être. Elle choisit de finalement prendre de la hauteur et de surpasser toute cette marée de têtes énervées et c'est cette fois la lenteur du Mutant qui, en plus de sa blessure, devait frayer à son corps encombrant un passage à travers la foule, exaspéra la fée. Mais au moins, il semblait avoir la même dégoût qu'elle pour les bains de foule ainsi que la même aversion générale à se mêler au reste de la société. Un bon point pour lui.

« Hé, Sofia, on est bientôt arrivé ? J'en peux plus. »

Encore une fois, elle aurait plutôt vu les types dans son genre, même à l'article de la mort, refuser de montrer leur souffrance. Son côté minidou qui se réveillait ? Aussi la fée ne put s'empêcher de lui répondre en grimaçant :


« Booh la terreur elle est fatiguée ? Accroche-toi Skalou parce qu'on a fait à peine la moitié du chemin... »

A vrai dire ils étaient arrivés mais c'était plus drôle comme ça. D'ailleurs, avant même que le Mutant n'ait eu le temps de signaler à Lain sa désapprobation, ils faisaient face à une porte de fortune composée d'un unique drap délavé et troué.

L'avantage de cette « porte » était qu'elle était un exact reflet de l'intérieur de la baraque : moche. Ils pénétrèrent ainsi dans une grande pièce nauséabonde dont l'odeur était au final assez proche de celle d'une clinique gérontologique construite dans un égout et squattée par des ivrognes à l'estomac infidèle. Ça sentait pas terrible quoi. Au milieu de la pièce trônait une imposante table au bois pourri et rongé et dont les taches se déclinaient dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Quelques couteaux de longueurs différentes étaient plantés et semblaient faire parti du meuble en lui-même, sentiment aidé par le sang séché collé à la fois sur les ustensiles et sur la table. Tout autour étaient de nombreuses étagères remplies de bocaux transparents remplis de bestioles remplies de trous ainsi que d'autres au contenu secret mais sur lesquels étaient inscris des noms aussi compliqués mais scientifiquement intelligents que : Xylothofathosefapfap 5. Enfin une dernière étagère, gardienne d'un savoir d'érudit, accueillait une légion de livres de médecine au titre difficile. La couverture arrachée d'un des livres laissait apparaître des corps de Manodiennes nues équipées de seringues phalliques.

Lain s'était habituée à l'endroit mais pas à l'odeur et ce n'est que celle-ci qui la fit hésiter alors qu'elle était sur le palier du bâtiment. Devant la table, faisant tournoyer un scalpel entre ses doigts pendant qu'il était concentré dans la lecture d'un livre déchiqueté, était assis un Benzert d'âge moyen. Alors que la Fée et le Mutant pénétraient dans la salle, il leva des petits yeux verts cachés derrière des lunettes, du genre que tous les médecins louches ont, posées sur le bout de leur nez, vers les arrivants. Et alors, avec une phrase qui signifiait à la fois le plaisir de revoir une ancienne connaissance, le curiosité d'en découvrir une nouvelle et l'excitation d'avoir à nouveau du travail, il les accueillit :


 « Putain... »

Soupirant puis grognant, il se leva de sa chaise dans un mouvement lent et douloureux avant de s'étirer dans un craquement d'os désagréable puis s'approcha d'un pas lent et trainant. Dévisageant Skalathrax, il s'adressa à Lain :

 « Qu'est-ce qui t'amène ici ?
_J'aurais besoin que tu soignes le gros là. Il s'est fait mal en jouant. »


Le Benzert regarda encore une fois Skalathrax puis lui intima d'aller s'allonger sur la table. Parce que Lain sentait que le Mutant avait l'air de douter des capacités du medecin, ce qui était tout à fait envisageable au vue de l'ensemble de la pièce, la Fée, en tant qu'habituée de la maison, lui précisa quelques informations :

 « Ouais il y connait absolument rien en médecine. Tout ce que tu voies là, les médocs, les couteaux c'est juste pour les pigeons, ça lui permet de leur faire cracher plus d'argent. Pour toi ça sera le traitement des habitués. »

Le « médecin » acquiesça, déçu. Apparemment il espérait que Lain jouât le jeu. Il s'approcha de Skalathrax puis regarda rapidement l'étendue de ses blessures. La fée en profita pour elle aussi jeter un coup d'œil vu qu'elle n'y avait jusqu'à présent pas vraiment fait attention. Il souffrait d'une large plaie sur tout le côté gauche et le sang, ayant coulé à de nombreuses reprises avait créé une successions de couches de sang séché marrons. Une partie de la blessure avait été maladroitement pansée par des bandelettes maintenant totalement repeintes d'un rouge sombre. Le Benzert appuya sur la plaie, arrachant au Mutant un cri de douleur

 « Ca fait mal là hmm ? »

Il avait quand même besoin de faire son numéro, même avec les habitués. Lain espérait juste pour lui qu'il ne recommençât pas ou il risquait de se retrouver avec une opération de chirurgie esthétique gratuite façon viande hachée. La fée se surprit d'ailleurs à vouloir que ça arrive, ça pourrait être comique et puis elle lui devait de l'argent. Mais d'un autre côté elle n'avait pas envie d'avoir à trouver un autre docteur.

Mais le Benzert s'abstient de continuer, sans doute l'instinct de survie. Il posa alors sa main droite au-dessus de la plaie puis ferma les yeux, se concentrant. Une lueur bleue se forma dans le creux de sa main, tellement brillante qu'on aurait dit qu'elle avait absorbé toute la lumière environnante. Lain se demanda alors si elle faisait bien le laisser se faire soigner. Après tout, il était fort probable qu'il se retournât contre lui après cela. Quoique, même blessé, il aurait pu le faire avant. Mais on ne savait jamais avec les simples d'esprit. Perdue dans ses pensées, elle laissa finalement le processus continuer.

Puis, une fois qu'une boule de lumière bleutée se fût formée dans sa main, tellement dense qu'on l'aurait cru palpable, il appuya avec fermeté sa main sur la blessure. La lumière semblait cette fois s'échapper de toute part tandis que le Benzert la forçait à rentrer dans le corps inhospitalier. Les trois occupants de la pièce souffraient à l'unisson. Le Mutant à cause de sa douleur, le docteur parce que forcer ainsi lui faisait toujours mal à ses articulations et Lain parce qu'elle venait de s'arracher un bout de peau au bord d'un ongle. Puis plus rien. Le Benzert se recula en soufflant et regarda un coup la plaie avant de s'en désintéresser complètement. Il avait fini.


 « C'est en train de se remettre en place comme avant. J'sais pas trop comment ça se passe mais t'en as pour une trentaine de minutes avant que ça soit totalement remis. J'te conseille pas trop de bouger en attendant, des fois ça fait des trucs bizarres... »

La Fée et le médecin quittèrent alors la pièce, laissant le Mutant à sa reconstruction cellulaire. Une fois dehors, Lain lui montra la petite blessure qu'elle s'était faite un peu plus tôt face à la Voix de la Manodienne. Elle comptait au départ laisser la plaie afin qu'elle lui rappelle son désir de vengeance mais en fait ça faisait mal. Le Benzert lui soigna rapidement puis tendit la main en l'attente de rémunération. Vraiment, ce que les gens pouvaient manquer d'altruisme... Et puis il était peu probable que l'autre brute possédât de quoi payer, vêtu comme il était. La fée lui donna alors une des bourses volées un peu plus tôt dans la foule.

Les deux restèrent alors silencieux à l'extérieur de la baraque, chacun regardant l'activité grouillante d'une rue voisine, tandis que le Benzert fumait une espèce de cigarette brune et mal odorante. Lain décida finalement de briser le silence :


 « T'as un truc efficace contre les grosses brutes de deux mètres ?
_Si tu penses pas pouvoir faire le poids physiquement, ya toujours le poison si t'as une bonne opportunité.
_Tu m'en fileras un peu, ça peut toujours servir. »


Et tandis que le médecin attrapa dans sa poche un petit sachet contenant une poudre blanchâtre et le donna à la Fée qui préféra ne pas se demander pourquoi il se trimballait toujours avec ça sur lui, cette dernière se sentit libérée d'une de ses préocuppations. Elle réfléchirait à l'opportunité plus tard.

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Aeshan
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MessageSujet: Re: Le Palais   Mar 27 Oct - 0:23

J'avais fini par me mettre à somnoler sur une chaise, les bras croisés, devant une carte de l'étage Primo qui s'était du coup retrouvée affublée du bout d'un long filet de bave qui coulait de ma bouche. Ces périodes d'endormissement m'arrivaient de plus en plus souvent ces derniers temps, la faute à des nuits trop courtes à chasser le Désintégrateur. Il était d'ailleurs plus que temps d'en finir avec lui, ça finissait par ne plus être si intéressant que ça, malgré les sommes exorbitantes proposées pour sa capture. J'avais tout un tas d'autres choses qui m'attendaient.

M'éveillant à cette dernière pensée, je me remémorais doucement le cas du Mutant que j'avais envoyé se charger des assassinats. Avait-il vraiment une chance de réussir sa mission ? N'aurais-je pas dû envoyer tout de suite quelqu'un pour l'assister ? D'un autre côté, envoyer quelqu'un d'autre c'était mettre une personne de plus au courant, ce qui augmentait les risques de faire échouer l'effet de surprise et pire, de me faire découvrir.

Me balançant sur ma chaise, je me laissais aller avec inquiétude à ces pensées, regardant d'un air distrait la grande carte étalée sur la table de la pièce. C'était une carte de Primo sur laquelle Kint et moi avions soigneusement représenté les emplacements des différents protagonistes ainsi que les mouvements qu'ils auraient à effectuer en fonction d'hypothétiques réactions de Désintégrateur. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle Kint était absent, parti expliquer à chacun ce qu'il devait faire dans chaque situation. J'attendais donc que le temps passe, légèrement stressée par la chasse à venir et en tout cas trop excitée pour tenter de me reposer.

Je ne fus tirée de ma torpeur que par de lourds coups donnés contre la porte. Je me laissai alors le temps de recouvrer mes esprits et de m'assurer, par de nouveaux coups, que ce n'était pas une erreur. Me dirigeant avec prudence vers la lourde porte, je tirai le judas et reconnut tout de suite la personne qui s'y présentait.


 « Ah bah Enis, enfin ! »

Le Benzert lâcha quelques excuses mais je ne les entendis pas, trop occupée à lui ouvrir la porte et pressée d'avoir des informations. Alors qu'il rentrait dans la pièce, je lui donnais rapidement une chaise puisqu'il semblait plutôt harassé par le voyage. J'engageai alors la conversation en chuchotant, l'incitant à en faire de même :

 « Bon alors il en est où l'autre ? »

Il sembla se concentrer un moment, fermant les yeux puis me répondit :

 « Apparemment il a fait le chemin depuis le Palais jusqu'à Primo.
_Il a pas pris le plus près cet idiot, mais du coup ça m'arrange. Et maintenant ?
_Il est toujours à Primo, dans un espèce de taudis, je peux pas en dire plus.
_Bien merci, tu peux me laisser.
_Mais heu... je fais quoi ?
_Je sais pas, je m'en fous. T'as qu'à rejoindre Kint, il te donnera quelque chose à faire. »


Il semblait légèrement contrarié mais pour l'instant j'avais d'autres choses sur lesquelles me concentrer. Le Mutant était-il en train de se planquer ? De qui ? Il n'avait sans doute encore assassiné personne, il n'avait pas eu le temps. Et puis j'en aurais entendu parlé. Normalement... Et il avait choisi Primo, était-ce pour aller directement tuer Gharn Khanos ? Ca me paraissait trop simple, trop en accord avec ce que j'avais espéré. Assise face à la table, je tambourinais nerveusement de mes doigts sur le bois pourri, en proie aux doutes et c'est Ulysse qui, une fois de plus, vint y mettre fin.

« Va au plus simple, tu ne risques pas grand chose tant que tu ne laisses pas penser que tu es impliquée. »

Et une fois de plus il avait raison. Ou en tout cas c'est ce qui paraissait le plus logique. Les conditions semblaient le plus favorables et après tout, ce n'était pas pour chasser le Désintégrateur que je m'étais assurée la présence de Zakiel. Autant faire ce qui était prévu.

Frappant à la porte de la salle de repos, je demandai alors à Zakiel de sortir. Je ne fus que peu étonnée quand il sortit en compagnie de Seith, ce qui sembla d'ailleurs l'agacer autant que moi.


 « J'ai un truc à dire Zakiel uniquement si tu le permets, Seith. »

J'incitai alors Zakiel à me suivre hors de la maison puis, une fois que je me fus assurée qu'il était bien seul, je rentrai dans le sujet.

 « J'imagine que tu veux savoir pourquoi je t'ai parlé de ton père tout à l'heure ? »

Je laissa alors un blanc pour voir sa réaction.

 « Voilà, on va dire que j'ai eu vent de certaines informations à propos de ton père. Ca vaut ce que ça vaut mais il semblerait que certaines personnes cherchent à le tuer et très bientôt. Du coup, si tu veux toujours ta vengeance contre lui, tu ferais mieux de te dépêcher et trouver l'assassin. Ca semble être une occasion parfaite pour pouvoir terminer ton duel non ?

Je le laissa réfléchir un moment, puis continuai à nouveau.

 « Pour ce qui est du Désintégrateur eh bien... on peut dire que ton pote tombe à pic. Il m'aidera à ta place pour la chasse. Néanmoins, disons que pour l'information que je viens de te donner, je compte sur toi pour me rendre un petit service une fois que t'en auras fini. D'autant plus qu'on a toujours un pacte. Bref à toi de voir, je me suis dis que je devais t'en parler.»
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Le Palais

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